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Halte aux violences conjugales!

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Lors de la Journée internationale de lutte contre les violences à l’égard des femmes, la Chine a fait tourner la machine à statistiques pour s’apercevoir que 30% des foyers du pays étaient concernés. Pas étonnant que même certaines idoles des jeunes soient impliquées.

Début septembre dernier, Kim, Américaine, fait la une des journaux chinois. C’est la femme de Li Yang, le PDG fondateur de Crazy English, et un homme qui a su transformer son talent pour les langues en millions de yens. Li Yang est adulé par des hordes de jeunes Chinois qui aimeraient bien avoir le même physique, la même réussite et une aussi belle femme étrangère.

Mais les dernières photos de Kim publiées sur Twitter ne la montrent pas sous son meilleur jour : visage tuméfié, genoux couverts de plaies et autres cicatrices que son mari lui a laissées. En quelques semaines, Li Yang passera de la négation totale à des aveux suivis d’excuses embarrassées : oui, il frappe sa femme régulièrement, et il a déjà frappé sa fille.

Li Yang et sa femme Kim.

Caricature de Li Yang et sa femme Kim.

Selon les statistiques chinoises, les Lis ne sont pas les seuls à connaître le problème de la violence conjugale. 30% des 270 millions de foyers que compte le pays seraient touchés. Pendant les 5 dernières années, la moitié des plaintes déposées dans les polices de quartier concernent des problèmes de violence conjugale.

Une société qui change trop vite?

Les changements drastiques dans les modes de vie chinois, suite à l’ouverture économique, l’enrichissement personnel, l’effacement des valeurs morales traditionnelles, ont mené à une situation qui n’est plus tenable pour nombre de femmes chinoises. D’autant plus que la législation ne les protège absolument pas. En effet, c’est en 2001 seulement qu’apparaît pour la première fois le concept de violence domestique dans l’arsenal juridique chinois. Le concept est alors simplement cité dans la nouvelle version du code du mariage.

Ensuite, la loi sur la protection des droits des femmes de 2005 encourage la coopération interministérielle pour régler le problème. Enfin, en 2008, un document officiel intitulé “Concernant la prévention et l’élimination des violences conjugales” est publié. On est très loin du compte et les femmes victimes de violences au foyer sont en réalité complètement démunies pour faire valoir leurs droits.

Le 25 novembre, lors de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, les associations et l’opinion publique se mobilisent pour faire changer les choses. Wang Haiying, qui travaille dans un centre d’aide pour les femmes victimes, explique :

Plus de 80 pays au monde ont déjà légiféré dans le domaine. En Asie, la Chine est le seul pays à ne pas l’avoir fait, à l’image des pays du Moyen-Orient qui ont un contexte culturel particulier. L’attention que porte l’Etat et l’opinion au problème est loin d’être suffisante.

A des fins de nuances, rappelons cependant que la Chine est sans doute un des rares pays où la violence conjugale ne vise pas seulement les femmes. Dans le Sichuan, le Hubei et quelques autres provinces, ce sont en effet souvent les femmes qui frappent leur mari. Ce qui n’est cependant pas une raison pour ne pas protéger les victimes d’une violence qui a le vice particulier de transformer le couple, vision d’idéal pour beaucoup, en un enfer quotidien.

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