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Les micro-retenues, une technologie de pointe contre la sécheresse

Nicaragua / / Amérique centrale

Grâce aux relevés satellitaires, les agriculteurs peuvent capter l’eau de ruissellement pour construire leurs propres réserves lors de la saison des pluies. L’irrigation des terres au cours de la saison sèche fait s’envoler les rendements et revenir l’espoir dans les zones les plus pauvres.

La roue pourrait enfin tourner pour les agriculteurs du nord du Nicaragua, dont l’activité peine à se développer en raison de l’irrégularité des régimes de précipitation. Gonzalo Zorrilla, directeur du Fonds latino-américain pour le riz d’irrigation (FLAR), explique :

Le problème au Nicaragua et dans la plupart des zones tropicales d’Amérique latine, c’est la présence d’un climat bimodal. Dans le cas du Nicaragua, le contraste est important, particulièrement dans le nord, avec cinq à six mois de pluies suivies d’une période au cours de laquelle il ne pleut pratiquement jamais.

L’organisme qu’il dirige a pu transposer des techniques utilisées pour la riziculture dans le sud du Brésil, en Argentine et en Uruguay, afin d’aider les paysans nicaraguayens à surmonter la saison sèche pour produire du maïs et des haricots tout au long de l’année.

L’idée de base de ce projet financé par le Fonds commun pour les produits de base (CCF, Common Fund for Commodities) consiste à profiter de la géographie vallonnée propre à une grande partie de l’Amérique centrale pour capter l’eau de ruissellement au cours de la saison des pluies. Pour cela, les données topographiques sont recueillies par GPS et grâce à des programmes informatiques comme Google Earth, afin de déterminer quelles sont les zones qui permettront de créer des retenues en réduisant au minimum les travaux de terrassement.

Avec l’eau, la croissance

Les réserves d’eau sont construites sur les terres des paysans en édifiant un mur dans lequel est encastré un tuyau de PVC renforcé par du béton et muni d’une vanne permettant d’acheminer l’eau par gravité jusqu’aux zones cultivées. L’impact sur les revenus des agriculteurs ne s’est pas fait attendre, et les participants au projet annoncent tous des rendements trois, quatre ou cinq fois supérieurs à ceux qu’ils connaissaient jusqu’à présent.

Le maïs revient au menu au cours de la saison sèche, et certains agriculteurs profitent même des bassins de retenue pour développer des activités de piscicultures en élevant des tilapias. L’ingénieur américain Edward Pulver, expert du FLAR et responsable du projet sur le terrain, déclare :

Ce qui m’enthousiasme vraiment, c’est l’intérêt des jeunes. Ils nous voient utiliser des GPS et Google Earth, et sont attirés par la technologie. Aucun jeune ne veut se consacrer à l’agriculture si cela implique de creuser avec un bâton pour semer une graine, mais ils se rendent compte aujourd’hui qu’il est possible de gagner 3000 dollars à l’hectare.

Le Nicaragua compte déjà 14 retenues, certaines encore en cours de construction, et le projet pilote pourrait être étendu au Costa Rica et au Mexique.

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