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Les contrôles de l’activité pétrolière brésilienne ne pèsent pas lourd

Brésil / / Amérique du sud

La fuite de pétrole dans la Baie de Campos n’en finit pas de faire parler au Brésil.  On apprend aujourd’hui que l’Agence Nationale du Pétrole (ANP), l’organe chargé du contrôle de toutes les activités d’exploitation de pétrole au Brésil a seulement dépensé 63% de son budget 2011. Soit 5 petits millions de R$ [2 millions d’euros] sur un budget, déjà faible, de 8 millions de R$ [3,3 millions d'euros].

Un tel budget pour la sécurité pétrolière, c’est peu. A titre de comparaison, c’est la somme que dépense le géant du pétrole brésilien, Petrobras, pour ravitailler ses machines à café dans toutes ses unités et bureaux du pays. Ça ressemble même presque à une provocation. Selon des spécialistes, les dépenses de l’ANP en contrôles sont insuffisantes et d’autant plus faibles quand on sait que son budget global est tout de même de 484 millions de R$ [200 millions d'euros]. Au total, seuls 3% sont donc destinés au contrôle des activités d’exploration et de production de pétrole.

Si l’on prend en compte les 337 plateformes de pétrole en phase d’exploration dans le pays ajoutées aux 229 concessions déjà en phase de production, on obtient une moyenne, insignifiante, de 9000 R$ [3 600 euros] pour inspecter chacun de ces 566 puits de pétrole. Adriano Pires, directeur du Centre brésilien d’Infrastructure (Cbie), rappelle que l’ANP ne décide pas seule de son budget. Le problème viendrait selon lui de l’absence de politique publique pour le secteur du pétrole :

L’accident de Chevron a montré que l’ANP ne sait pas faire face à des accidents en haute-mer. Il est urgent de former cet organe et de l’aider à améliorer ses dépenses en termes d’inspections.

Au-delà de l’ANP, le ministère de l’Environnement possède lui aussi un budget “de prévention et de lutte contre les dommages environnementaux causés par l’industrie pétrolière”. On l’estime à 633 000 R$ [263 000 euros] pour cette année. Mais, même après l’accident de Chevron, aucun centime n’a encore été dépensé…

Dans un communiqué, l’ANP a assuré que son budget “est suffisant pour accomplir sa mission de contrôle”. A propos de l’argent restant à dépenser d’ici à la fin de l’année, l’agence informe : “on ne peut pas faire de prévision de dépenses”, qui sont réalisées “en fonction des nécessités”. Le Tribunal des Dépenses publiques (TCU) a lancé un audit de l’ANP pour déterminer sa part de responsabilité dans la fuite. La conclusion sera connue d’ici 60 à 90 jours.

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