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Découragé par l’attitude des "grands", le pays a des ambitions modestes et très locales pour la COP17

Indonésie / / Asie

Alors que les perspectives d’un accord global sont réduites, le chef des négociations pour l’Indonésie a un mandat limité insistant sur l’obtention de fonds pour son pays. Une position malheureuse résultat de l’inertie des grands pays.

Déforestation.

La déforestation au profit de l'huile de palme est un problème écologique majeur pour l'Indonésie. © Wakx (Flickr.com)

Avant de partir pour l’Afrique du Sud, Rachmat Witoelar, président du Conseil national sur le changement climatique et négociateur en chef lors de la COP17, a rencontré le président Susilo Bambang Yudhoyono. Interrogé par les médias à la sortie du palais présidentiel, il a été laconique : “un accord global sera très difficile à atteindre. Nous allons nous concentrer sur les intérêts propres de l’Indonésie lors de la conférence”. Des intérêts nationaux qui résident essentiellement dans l’obtention de financements.

Ainsi le négociateur indonésien va lutter pour que les sommes promises à Cancún dans le cadre du “Fonds vert pour le climat” soient libérées plus rapidement. 30 milliards de dollars [22, 4 milliards d'euros] sur la période 2010 – 2012 et 100 milliards [74,6 milliards d'euros] par an à partir de 2020 avaient été promis lors de la COP16 au Mexique par les pays développés. Les pays en développement n’en ont pas encore vu la couleur… Le négociateur indonésien rappellera aussi que les fonds pour l’adaptation au changement climatique et pour les transferts de technologies vertes promis lors de la conférence de Bali en 2007 n’ont pas encore été entièrement déboursés.

Poussé vers l’égoïsme

Cette position qui ne peut qu’être qualifiée d’égoïste est la conséquence directe du manque d’optimisme ambiant créé par les déclarations des grands pays. Au premier rang desquels les États-Unis qui ne veulent pas entendre parler de s’engager dans une seconde période du protocole de Kyoto, d’autant plus qu’ils n’ont jamais ratifié l’accord pour les inclure dans la première période. Suivent la Chine et l’Inde qui veulent conserver leur privilège de ne pas être inclus dans les obligations de réduction des émissions alors que leur industrialisation à grande vitesse les place parmi les plus gros pollueurs.

Viennent enfin les autres, lassés de payer pour tout le monde : le Canada, le Japon et la Russie se déclarent défavorables à une seconde période du protocole de Kyoto post-2012, et l’Union européenne s’y engagerait seulement au prix de concessions notamment de la part de la Chine. Concessions que l’empire du Milieu ne semble pas prêt à accepter. Dans ces circonstances, on n’en voudra pas aux Indonésiens de se concentrer sur ce qu’ils peuvent retirer comme bénéfices. Une position qui risque malheureusement d’être partagée par beaucoup d’autres “petits” pays.

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