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Des siècles pour compenser le débit carbone des biocombustibles?

Brésil / / Amérique du sud

Le débat sur le bilan écologique des biocombustibles vient s’enrichir d’une nouvelle information qui devrait raviver la polémique. Un nouveau rapport du Centre International de Recherche Forestière (CIFOR), montre que le “débit carbone” – c’est-à-dire la quantité de CO2 rejetée dans l’atmosphère par l’activité de production de biocombustibles – peut mettre jusqu’à 300 ans pour être compensé.

Jatropha.

Parmi les biocombustibles, la fameuse jatropha laisserait la plus lourde empreinte carbone. © tonrulkens (Flickr.com)

L’analyse, publiée par le journal Ecology and Society, prend en compte 3 types de biocombustibles dans 6 pays. D’après le rapport, le biocombustible issu du soja est celui qui met le moins de temps pour compenser son débit carbone, soit 30 ans. Celui de l’huile de palme peut mettre de 59 à 220 ans en fonction du type de terre reconvertie pour la production, alors que celui du jatropha met de 76 à 310 ans. Louis Verchot, scientifique au CIFOR et coauteur du rapport explique :

Ce qui compte vraiment, c’est la façon de produire et la terre sur laquelle la culture a lieu. Les biocombustibles provenant de la reconversion d’écosystèmes naturels ne seront jamais efficaces en termes d’émissions.

Ainsi, pour que le développement des biocombustibles soit plus durable, leur matière première doit être cultivée sur des terres qui ne servaient pas à la culture d’aliments ou qui n’étaient pas des forêts ou des tourbières, donc sur des zones qui étaient déjà dégradées ou abandonnées. En réalité, cette théorie laisserait peu d’espace disponible pour une production durable de biocombustibles destinés à réduire les émissions de CO2, étant donnée la disponibilité limitée et/ou la faible productivité de ces terres.

Ceci ne signifie cependant pas que les biocombustibles ne peuvent pas continuer à être utilisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et qu’ils sont néfastes pour l’atmosphère. Mais il y a des paramètres à respecter pour améliorer leur bilan écologique.

Et c’est justement pour orienter les décideurs politiques, notamment, que ce rapport a été fait, que ce soit dans les pays producteurs ou consommateurs de biocombustibles. Celui-ci suggère que les arguments de subsistance rurale ou d’atténuation climatique ne peuvent être avancés à priori si des efforts ne sont pas menés pour amener le secteur vers des directions plus durables et équitables.

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