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Scandale autour d’un sponsor des JO de Londres

Inde / / Asie

Des milliers de personnes ont protesté à Bhopal contre la participation de Dow Chemical comme sponsor des JO de Londres. Ils réclament le boycott de cet événement par les sportifs du pays. Car une filiale de l’entreprise américaine, Union Carbide, est responsable de la catastrophe industrielle de Bhopal en 1984, qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Les manifestations ont pris place à l’occasion de la commémoration du 27ème anniversaire de la catastrophe de Bhopal, qui a eu lieu dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984. Le sujet est très sensible en Inde, comme ont pu le montrer les réactions virulentes lors du jugement des responsables, en juin 2010, que les familles des victimes estimaient bien trop clément.

Leur récrimination : que la société américaine Dow Chemical, qui avait racheté Union Carbide juste après le règlement de ses différents avec la justice indienne, puisse être associée aux JO de Londres comme sponsor officiel. Leur réclamation : si le sponsoring de Dow Chemical est confirmé, les athlètes indiens ne devraient pas se rendre à l’événement sportif de 2012. Rachna Dhingra, du Groupe d’information et d’action pour Bhopal, se lamente :

Nous protestons à la fois contre le comité olympique et le gouvernement, qui se moquent totalement du sort des victimes de la tragédie.

Double peine

L’indifférence voire le cynisme du gouvernement sont visibles à la réaction policière devant cette manifestation pacifique. Alors que les participants essayaient de bloquer les trains de la gare de Bhopal, la police a chargé avec des massues et un conflit s’est engagé avec les manifestants qui ont répondu par des jets de pierre. L’indignation de Dhingra est à son comble :

Nous organisons une manifestation pacifique et la police utilise la force pour nous réduire au silence.

Dans un communiqué, Rachna Dhingra a déclaré que des survivants de la catastrophe avaient été blessés par la police et étaient dans un état critique. D’autre part, 8 survivantes ont été arrêtées. Une sorte de double peine pour ces victimes.

Le gouvernement en demi-teinte

Cependant, les autorités indiennes ne sont pas complètement insensibles aux réclamations des survivants et des familles des victimes. Si un officiel a déclaré la semaine dernière que l’Inde excluait de boycotter les JO 2012, il a tout de même informé qu’il communiquerait l’opposition de son gouvernement à ce que Dow Chemical soit accueilli comme sponsor officiel.

Une voix qui s’est ajoutée à celle de Shivraj Chauhan, gouverneur de l’État de Madhya Pradesh (l’État dans lequel la ville de Bhopal est située), qui s’oppose quand à lui fermement à la participation des athlètes indiens à une compétition soutenue par l’auteur de la catastrophe de 1984. Une opposition d’autant plus compréhensible que les survivants et les familles de victimes réclament toujours des compensations améliorées, alors que Dow Chemical insiste sur le fait que le chapitre des indemnisations est clos.

Des familles d’anciens ouvriers du site, qui dépendaient totalement du salaire du père ou du mari, en sont réduites à la plus abjecte misère. Elles devront se consoler en regardant les sportifs indiens parader pour le profit de celui qu’elles considèrent être le criminel. On espère voir briller ces athlètes, qui sauront certainement faire passer le message de l’hypocrisie et du manque de responsabilité de l’entreprise américaine.

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