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Contre la famine, sus aux sangliers sauvages !

Mexique / / Amérique du nord

Pour venir en aide aux communautés rurales frappées par la sécheresse, les autorités de l’État de Chihuahua ont mis au point un plan pour le moins insolite : abattre 50 000 sangliers sauvages et distribuer la viande aux familles en difficulté.

Que les défenseurs de la biodiversité se rassurent : le sanglier européen, introduit au Mexique, est loin d’être menacé d’extinction. Sa prolifération est même devenue un problème de taille, puisque ces sangliers font de véritables ravages dans les champs d’avoine, de luzerne et de haricots, déjà mis à mal par la sécheresse et par des gelées précoces. Le secrétariat à l’Environnement et aux Ressources Naturelles (SEMARNAT) compte donc faire d’une pierre deux coups en organisant une vaste chasse et en offrant le gibier aux populations dont les récoltes ont été détruites.

Une meute de sangliers.

Une meute de sangliers.

Le gouvernement de Chihuahua estime à au moins 250 000 le nombre de personnes menacées par la famine dans les communautés Rarámuri et Tárahumara. Ceux-ci ont perdu 90% de leurs cultures de maïs et de haricots, qui constituent leur alimentation de base.

Migration mystère

Personne ne sait avec certitude comment le sanglier européen est arrivé dans la région. La version la plus plausible veut qu’un fermier ait élevé un jour quelques individus, et que ceux-ci se soient échappés. Aujourd’hui, ces animaux occupent un territoire de 150 km², dans une vallée comprenant deux communes mexicaines et une commune américaine, dans l’État du Texas.

Les sangliers européens s’accaparent peu à peu l’habitat de leurs cousins originaires de la région, les pécaris à lèvres blanches. De plus, il semblerait que les sangliers se soient accouplés avec des cochons domestiques, dont ils ont hérité le taux de fécondité extrêmement élevé : de 8 à 12 marcassins par portée. Des bêtes qui pèseront ensuite jusqu’à 200 kilos, contre 50 seulement pour le pécari.

Chasse et guerre

La chasse devrait débuter dès la deuxième semaine de janvier, et s’annonce plutôt compliquée. Les sangliers ont en effet pris l’habitude de dormir en territoire américain, de l’autre côté du Rio Bravo, et ne viennent au Mexique qu’à la nuit tombée pour se nourrir. Le chef de la horde traverse le fleuve, inspecte soigneusement les environs, puis retourne chercher le reste du groupe s’il n’a détecté aucun danger.

Les chasseurs devront également se méfier des cartels de narcotrafiquants, qui se disputent la zone depuis 2008. Au cours des dernières années des centaines de familles ont abandonné la région pour fuir les conflits armés. Nombreux sont ceux qui ont trouvé refuge aux États-Unis. Tout comme les sangliers…

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