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Un alcool de contrebande cause près de 200 morts par empoisonnement

Inde / / Asie

Dans un village du Bengale occidental, à 20 kilomètres au sud de Calcutta, au moins 170 personnes sont décédées depuis le 12 décembre, empoisonnées par le “Hooch”, seul alcool que les pauvres peuvent se permettre. Les conditions d’hygiène sont terribles et les politiques commencent déjà à se rejeter la responsabilité du drame.

Victime du Hooch.

Une victime du Hooch en traitement dans un hopital du Bengale-Occidental. © Zee News Limited

A Gocharan, toutes les étendues d’eau sont recouvertes d’une couche noire d’un liquide fétide. Pourquoi ? Les nombreuses distilleries illégales des environs se sont empressées de jeter leur alcool dans la nature et de détruire leurs alambics avant que l’attention du pays et des enquêteurs ne soit sur eux. Le samedi 17 décembre, les statistiques officielles faisaient état de 171 personnes empoisonnées par le Hooch, auquel aurait été ajouté pour une raison encore obscure, de fortes quantités de méthanol. Le fameux “alcool de bois” est tout simplement… un poison.

Le trafic de Hooch est bien connu des locaux. Selon eux, c’est une vaste entreprise fortement rémunératrice qui est protégée par l’administration et la police locale. Le Hooch est le seul alcool que les pauvres, notamment les paysans et les conducteurs de pousse-pousse, peuvent se procurer. Bien moins cher que l’alcool du commerce légal, il est aussi dangereux. Les consommateurs le savent, mais pas au point d’imaginer qu’il pouvait conduire à une telle hécatombe.

Un bilan sous-estimé?

Car les médecins soupçonnent une catastrophe plus ample que ce qui est actuellement envisagé. Des dizaines de corps auraient par exemple été incinérés avant autopsie, les excluant ainsi du décompte des victimes imputées au Hooch empoisonné. D’autre part, ils voient s’entasser dans leurs hôpitaux sous-équipés des malades qui arrivent sans discontinuer, se plaignant de vomissements, d’évanouissements… Les journalistes voient des corps – dont il est difficile de dire s’ils sont encore en vie – à même le sol près des hôpitaux, ou couchés dans des pousse-pousse.

La police a pour l’instant arrêté 12 personnes soupçonnées d’être impliquées dans le dossier. Mais l’organisateur présumé du dispositif, Khora Badshah, court toujours. Ainsi qu’un autre baron de la pègre locale, seulement connu sous le patronyme de “Salim”, et qui pourrait être à l’origine de l’empoisonnement. Il l’aurait fait pour se venger de Badshah, connu comme le chef du trafic de Hooch, qui serait alors accusé. Difficile de savoir qui est à l’origine du coup. Mais quoiqu’il arrive, la population locale ne se fait guerre d’illusion : les deux criminels ont leurs protecteurs dans l’administration et ni l’un ni l’autre ne sera inquiété.

Accusations politiques

En revanche, ce pourrait être les politiques qui écopent de la colère des habitants lors des prochaines élections. Ils commencent donc à s’accuser mutuellement. Le parti All India Trinamool Congress a même jeté une bombe en accusant le parti communiste marxiste d’avoir organisé l’empoisonnement pour détourner l’attention des médias de l’incendie d’un hôpital de Calcutta.

Les dirigeants de l’hôpital, dont l’attitude a écœuré le pays (le personnel s’est sauvé du feu en abandonnant les malades), seraient étroitement associés au parti communiste marxiste. Parti qui s’est scandalisé de ces accusations et a contre-attaqué. Les représentants des deux principaux partis du Bengale occidental s’accusent désormais mutuellement d’être les défenseurs de Khora Badshah…

Dans cette triste cacophonie, il est improbable que les familles des victimes y voient clair un jour. Leur position tout en bas de l’échelle sociale ne les aidera certainement pas à connaître la vérité des dessous de cette tragédie.

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