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La guerre aux sacs en plastique est déclarée

Burkina Faso / / Afrique

Le gouvernement du Burkina Faso a lancé une campagne de collecte de sacs en plastique. Mais sans une réduction des sachets disponibles dans le pays, ce projet a-t-il une chance de réussir?

Des faits alarmants

Les villes burkinabés croissent très vite, et l’usage de sachets plastiques est illimité. Le pays est envahi de plastique. Selon le ministère de l’environnement, les habitants de Ouagadougou génèrent quotidiennement 800 tonnes d’ordures ménagères. 31% jettent des sachets usés dans la nature. 28% ne disposent pas de poubelles chez eux, et 58% n’ont pas de bacs à ordures de la municipalité dans leur quartier. Environ 30% de la mortalité du bétail est due aux sachets plastiques que les animaux ingèrent, indique le ministère des Ressources animales.

Finalement, Wangari Mathaai, ancienne vice-ministre kenyane de l’Environnement et Prix Nobel de la Paix 2004, était d’avis que des sachets abandonnés pouvaient se remplir d’eau de pluie et offrir un nid idéal pour la prolifération des moustiques porteurs de la malaria.

Une solution populaire
Le Groupement d’intérêt économique/action pour la protection de l’environnement a engagé 150 femmes pour la collecte des sachets plastiques et 50 autres pour leur tri. Safiatou Sylla, la  coordonnatrice, nous explique:

Nous embellissons la ville en la débarrassant de ces sachets qui s’accrochent sur les arbres et les fils électriques ; tout en contribuant à améliorer les conditions de vie des femmes. Mais le gouvernement doit s’assurer qu’il diminue le nombre de sachets dans le pays ou bien encourager les emballages biodégradables, sinon ce sera peine perdue.

Pour encourager les populations à se débarrasser des sachets plastiques, le ministère de l’Environnement et du Développement durable rachète à 75 francs CFA le kilogramme de sachets, et 20 millions de FCFA ont été mobilisés pour cette première opération. Selon le Directeur de la propreté de la ville de Ouagadougou, quelques 10 000 tonnes de sachets plastiques ont été collectées en quelques semaines.

On donne une valeur marchande aux déchets. C’est la preuve que la lutte contre la pauvreté peut s’appuyer sur une meilleure valorisation des déchets,

estime Samuel Yéyé, conseiller technique au Ministère de l’environnement.

Un projet de développement

La lutte contre le « péril plastique » fait partie d’un projet de développement durable. La valorisation des déchets permet depuis 1996 la transformation des déchets plastiques pour fabriquer des chaises, des seaux, des pavés. Par ailleurs, le Burkina Faso a désormais interdit les sachets trop fins, qui sont les plus volatiles et les plus utilisés. Les autorités pensent également instaurer une taxe sur les sachets plus épais et soutiennent les emballages alternatifs comme les sacs en papier.

En Afrique, quelques pays sont déjà en lutte contre le plastique. Le Rwanda interdit l’importation des plastiques d’une épaisseur inférieure à 100 microns, et mène des campagnes de sensibilisation. L’Afrique du Sud a interdit les plastiques plus fins que 30 microns et a introduit une taxe sur le plastique dont une partie des recettes est versée à une entreprise de recyclage.

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