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Des algues pour capturer le CO2 des usines

Argentine / / Amérique du sud

Pour absorber le dioxyde de carbone produit par les industries les plus polluantes, les scientifiques de l’université de Cuyo envisagent de cultiver des microalgues qui serviront ensuite de combustible. Les fabriques de ciment pourraient être les premières à bénéficier de cette technologie.

Les chercheurs de l’université de Cuyo ont décidé de s’attaquer à un secteur industriel hautement polluant en terme d’émissions de gaz à effet de serre et pourtant rarement pointé du doigt : les fabriques de ciment. Utilisé par l’homme depuis des milliers d’années, le ciment est un matériau de construction dont nous serions bien incapables de nous passer, mais dont le processus de fabrication libère d’immenses quantités de CO2, représentant à elles seules 5% de l’ensemble des émissions anthropiques mondiales.

Pour diminuer l’impact de cette activité sur l’atmosphère, les scientifiques ont décidé de recourir à des algues autochtones de la région de Mendoza, en raison de leur capacité d’absorption élevée de CO2 et de la qualité de la biomasse qu’elles peuvent produire. Comme toutes les plantes, les algues utilisent du dioxyde de carbone et de l’énergie solaire pour leur développement, au cours du processus de photosynthèse.

Culture de microalgues

Culture de microalgues. © Agriculturasp (Flickr.com)

Pour alimenter les algues en CO2, les rejets gazeux des cimenteries sont captés en sortie de cheminée puis refroidis. Ils sont ensuite dirigés vers des dispositifs spéciaux capables de séparer le dioxyde de carbone des autres gaz et de le dissoudre dans l’eau des bassins de culture.

Cercle vertueux

Si cette industrie libère autant de CO2, ce n’est pas uniquement en raison des combustibles fossiles utilisés dans les fours au cours de la fabrication du ciment. Environ 60% du dioxyde de carbone provient en effet de la décarbonatation des minéraux utilisés (la réaction chimique permettant la transformation du calcaire en chaux).

La concentration élevée de CO2 dans les fumées des cimenteries fait de cette industrie la candidate idéale pour la capture de ce gaz à effet de serre. L’étape suivante consiste à récupérer les algues cultivées afin qu’elles puissent alimenter les fours de la cimenterie. Maria Florencia Codina, ingénieur et responsable du groupe de recherche à l’université de Cuyo, explique :

La biomasse, une fois retirée et séchée, ressemble à de la sciure et peut être utilisée dans les fours pour la combustion.

Selon elle, les essais en laboratoire se sont révélés prometteurs et devraient bientôt déboucher sur la création d’une usine pilote qui permettra de tester ces nouvelles technologies à échelle semi-industrielle.

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