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Les États arctiques se déchirent à Durban

Afrique du Sud / / Afrique

Bien qu’à l’opposé de la planète, l’avenir de l’Arctique se joue en grande partie à la conférence de Durban (COP17). Cette région se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète. Le résultat des négociations concerne donc particulièrement l’environnement du Grand Nord et ses communautés locales.

L’Arctique demeure un des symboles du changement climatique. Qui ne s’est pas déjà ému devant ces photos d’ours polaires et de la banquise se fissurant? Première région touchée par le réchauffement climatique, l’Arctique n’a pourtant pas été l’objet de beaucoup d’attention dans les négociations internationales sur le climat.

Un intérêt scientifique et humain

L’Arctique a déjà été évoqué lors de ces négociations, principalement sous deux angles. L’angle scientifique d’abord. La région est l’objet d’études pour mieux comprendre l’évolution du climat dans le Grand Nord. D’importants rapports commandités par le Conseil Arctique, comme l’ «Arctic Climate Impact Assessment», ont permis d’alerter la communauté internationale sur l’importance de la région dans la régulation des courants marins et atmosphériques.

Deux jeunes sont venus du Nunavut afin de partager leur perception du changement climatique. ©Arviat History Project

Sur le plan humain ensuite. La présence lors de ces conférences onusiennes de représentants des peuples autochtones a permis de donner des exemples concrets de l’impact du réchauffement climatique sur le mode de vie des populations locales. Le projet « Many Strong Voices » montre comment l’élévation de la température affecte les communautés des petits états insulaires et les peuples autochtones de l’Arctique. Cette année, deux jeunes sont venus du Nunavut, la province septentrionale du Canada, afin de partager une perspective inuit sur le changement climatique.

Une déclaration commune des huit états arctiques en mai 2011

La Suède a organisé un débat sur la situation de l’Arctique ©Sébastien Duyck

À Durban, la Suède a organisé un débat au cours de laquelle les impacts du changement climatique dans l’Arctique ont été discutés. M. Anders, secrétaire d’état Suédois, y a lu une déclaration de Carl Bildt, ministre suédois des Affaires étrangères et président du Conseil de l’Arctique, exhortant

tous les pays à prendre des mesures décisives, et à reconnaître que des réductions importantes des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont nécessaires, selon la science. Car il faut limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale à moins de 2°C au-dessus des niveaux préindustriels.

Un appel qui fait écho à la Déclaration de Nuuk, adoptée par le Conseil de l’Arctique en mai 2011. Dans cette déclaration, les huit états arctiques ”exhortent” les autres nations à prendre des mesures urgentes afin d’atténuer le réchauffement climatique.

Jens B. Fredriksen, vice-Premier ministre du Groenland, a également participé au débat, soulignant les défis auxquels le Groenland est confronté face au changement climatique. Insistant sur les conséquences que celui-ci pourrait avoir sur l’économie du pays.

Des voix discordantes

Malgré l’engagement commun exprimé dans la Déclaration de Nuuk, les délégations gouvernementales des huit états arctiques ont joué des rôles très différents à Durban. La dernière nuit des négociations, lors d’une déclaration passionnée, Erik Solheim, ministre norvégien de l’Environnement et du Développement international, a appelé au rapprochement des intérêts d’un maximum de pays afin de parvenir à un compromis. De ceux, comme l’Union européenne, qui souhaitent un instrument juridiquement contraignant à ceux, comme l’Inde, qui en appellent au droit au développement.

Intervention d’Erik Solheim (en anglais)

Au cours de cette conférence, les États-Unis et le Canada ont émergé comme deux des principaux obstacles à la mise en place d’un cadre juridique renforcé pour la réduction des émissions à effet de serre. Le Canada décidant, unilatéralement, de se retirer du Protocole de Kyoto. Peut-être le coup le plus important de la décennie porté à la coopération internationale sur le climat.

Au sortir de la conférence de Durban, un petit pas vers un nouvel accord international pour lutter contre le changement climatique a été accompli. Néanmoins, la COP17 n’a rien fait pour résoudre le problème de l’énorme fossé existant entre les promesses de politiques nationales de réduction des émissions et l’objectif convenu de limiter l’augmentation moyenne des températures à deux degrés. Pour l’Arctique, ce timide engagement rapproche la région de bouleversements physiques radicaux. Dans ce contexte, il est regrettable que le consensus apparaissant entre les huit états arctiques dans la Déclaration de Nuuk n’ait pas tenu le choc des négociations. Certains d’entre eux ayant tenu des positions opposées à Durban.

Sébastien Duyck

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