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Les montagnes peintes en blanc ont-elles sauvé les glaciers?

Pérou / / Amérique du sud

Dix-huit mois ont passé depuis le lancement du projet, et les habitants du village de Licapa affirment que la glace revient peu à peu sur les sommets. La température des roches peintes à la chaux diminue de 16°, mais est-ce suffisant pour générer un changement à grande échelle ?

Eduardo Gold a eu l'idée de peindre les sommets en blanc afin de revenir à des températures basses sur les monts. ©tgraham (Flickr)

Difficile pour les habitants de Licapa, petite bourgade andine située à 4200 m d’altitude, d’imaginer la vie sans les glaciers. Leur recul s’est accompagné d’une disparition progressive des sources et des ruisseaux, qui rend particulièrement difficile l’élevage de l’alpaca (un proche cousin du lama recherché pour la finesse de sa laine).

Salomón Parco, un jeune berger du village, témoigne de l’extrême rapidité de ce phénomène :

Quand j’étais enfant, les sommets étaient blancs, couverts de neige et de glace. Aujourd’hui, comme on peut le voir, ils sont noirs.

Un homme, arrivé il y a peu à Licapa, garde pourtant l’espoir de voir revenir les glaciers. Il s’agit d’Eduardo Gold, inventeur autoproclamé et fondateur de l’association Glaciares Perú.

Cet ingénieur de formation a eu une idée toute simple, qu’il met en pratique depuis plus d’un an à Licapa : puisque les montagnes de couleur sombre accumulent la chaleur, celles qui sont blanches auront l’effet contraire. Il faut donc peindre les sommets en blanc !

Une différence de 16° C entre les roches noires et celles peintes en blanc

Avec l’aide de quatre habitants du village, il arpente inlassablement les flancs des montagnes environnantes et répand sur les rochers un mélange d’eau, de sable et de chaux. La mixture comporte également une faible quantité de savon, afin que cette peinture rudimentaire puisse résister à l’eau une fois sèche.

L’idée peut paraître farfelue, mais elle semble pourtant fonctionner. Une mesure au thermomètre infrarouge montre une différence de température de 16° C entre les roches noires et les roches peintes en blanc.

Eduardo Gold reste prudent et sait qu’il est difficile de valider sa théorie :

C’est une expérience. Elle peut fonctionner ou pas. Ou fonctionner un peu. C’est toujours mieux que de ne rien faire.

Et les premières observations semblent lui donner raison : car entre les rochers, dans les crevasses, la glace réapparaît.

Selon Salomón Parco, le berger, celle-ci avait complètement disparu :

Nous avions très peu d’eau. La différence cette année, depuis que nous avons blanchi la montagne, c’est qu’il y a de l’eau. Comme on peut le voir là-bas, il y a un trou plein d’eau, et plus bas dans la vallée il y en a plus encore.

Grâce à une aide financière de la Banque mondiale, Eduardo Gold et son équipe ont réussi à recouvrir 15 000 m² de roches. Une surface trop peu importante pour pouvoir déterminer si cette technique fonctionnera à long terme.

L’inventeur espère donc décrocher de nouveaux fonds, pour pouvoir peindre 300 000 hectares au cours des prochaines années.

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