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Des sites archéologiques victimes du Paris Dakar

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Les associations saisissent les tribunaux pour dénoncer “une compétition d’européens qui menace le patrimoine américain”. Selon l’ONG Acción Ecológica, 184 sites archéologiques ont été endommagés au Chili en seulement trois ans.

©chermida (Flickr)

En quittant l’Afrique pour venir s’installer en Amérique du Sud, le Paris Dakar (sans Paris, ni Dakar) tente de faire oublier l’image désastreuse qui lui a valu en 2005 d’être qualifié par les ONG de

rodéo publicitaire sur le continent de la pauvreté.

Pas sûr cependant que ce déménagement suffise à faire taire les opposants au célèbre rallye, car l’évènement suscite des polémiques d’un nouveau genre sur le sol américain.

De nombreux sites archéologiques endommagés

Au Chili, l’association Acción Ecológica s’emploie depuis trois ans à répertorier les dégâts provoqués par le passage de la course et tire la sonnette d’alarme. Luis Mariano Rendón, responsable de l’association s’indigne:

En 2009, six sites archéologiques contenant un patrimoine datant de plus de 4000 ans ont été endommagés par la faute du Dakar. En 2010 parmi les sites contrôlés, et ils ne l’ont pas tous été, 52 ont été touchés, et en 2011, ils étaient 126. Tel est le triste record atteint en termes de destruction de notre patrimoine archéologique et paléontologique, grâce à cette « compétition sportive ».

L’O.N.G. s’est associée à la fondation Patrimonio Nuestro pour intenter une action auprès de la cour d’appel de Santiago. Une intervention qui n’empêchera pas les 464 motos, autos, quads et camions du Dakar de parcourir les paysages argentins, chiliens et, pour la première fois, péruviens. Selon ces organisations, les mesures de protection du patrimoine sont clairement insuffisantes et inefficaces. Un rapport du Conseil chilien des monuments nationaux en témoigne.

Des fossiles marins datant du Miocène menacés

Au Pérou, le musée paléontologique Meyer Hönninger a demandé au gouvernement et aux organisateurs du Dakar 2012 de s’informer sur les lieux devant être protégés et évités, mais le parcours précis du rallye est tenu secret. Les spécialistes craignent que les fossiles uniques de baleines, de dauphins, de requins et d’autres espèces marines de grande taille datant du Miocène souffrent du passage des véhicules dans les déserts d’Ica et d’Arequipa.

La zone des lignes de Nazca est la seule à bénéficier d’une protection de la part du gouvernement. Le ministre de la Culture du Pérou affirme que le patrimoine national intangible sera préservé. La commission de promotion du Pérou, elle, préfère faire les comptes. Elle estime que la caravane du rallye devrait attirer 1 million de touristes et générer quelque 100 millions de dollars d’investissements.

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