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Grâce à Ecosia, surfez sur Internet en sauvegardant l’environnement

Allemagne / / Europe

Depuis décembre 2009, l’entreprise allemande Ecosia permet aux internautes de contribuer à la sauvegarde de l’environnement tout en surfant sur Internet. Entretien avec Martin Renard, chargé de développement chez Ecosia en France et dans les pays francophones.


Green & Vert : Comment est née l’idée d’Ecosia ?

Martin Renard : Christian Kroll, fondateur de l’entreprise, a développé le concept d’Ecosia petit à petit. L’idée a germé en 2007. Et il a développé son approche sociale et environnementale de l’outil en 2008, au cours d’un tour du Monde.

La première étape s’est jouée au Népal. Confronté à des gens dans le besoin, il se demande comment il pourrait aider la population locale. Ayant toujours été intéressé par les nouvelles technologies, Christian crée Xabel, un moteur de recherche solidaire destiné à financer des projets au Népal.

Tout en continuant son tour du Monde, il crée Forestle , en Argentine. C’est à partir de ce moment-là qu’il se penche vraiment sur la philosophie qu’il souhaite donner à son moteur de recherche. Comment faire en sorte que son outil soit vraiment différent des autres moteurs de recherche ? Quelle cause défendre ?

Son choix est fait, ça sera l’environnement.

Revenu en Allemagne, il crée Ecosia le 7 décembre 2009, une entreprise à vocation sociale qui gère le moteur de recherche ecosia.org.

G&V : Comment fonctionne Ecosia ?

M. R. : C’est un moteur de recherche totalement indépendant, qui travaille dans une logique de partenariat. Avec Microsoft et Yahoo pour leur technologie de recherche, et avec WWF à qui sont reversés les dons.

Notre système permet de générer des dons, sans que les donateurs aient à débourser d’argent. Il leur suffit d’utiliser Ecosia comme moteur de recherche. A chaque utilisation, des résultats publicitaires apparaissent en tête, financés par des entreprises qui souhaitent être en première page. Pour chaque clic, entre 10 centimes et un euro de dons sont reversés à Ecosia.

Une autre source de financement vient des éco links. Nous avons passé des partenariats avec plusieurs milliers de sites marchands. Chaque fois qu’un internaute arrive sur un de ces sites en passant par Ecosia, et y effectue un achat, les sites commerçants nous reversent entre 1 et 5% de la valeur de l’achat.

Notre entreprise est à vocation sociale. 80% de nos bénéfices sont reversés à WWF, les 20% restants couvrent nos dépenses de fonctionnement (5 employés et locaux).

G&V : Quels sont les nouveaux projets ?

M. R. : Le 7 décembre 2011, deux ans après la naissance d’Ecosia, nous avons lancé Treely. Cette fois-ci, ce n’est pas un moteur de recherche. C’est un service exclusivement dédié au e-commerce, un peu une extension des éco links.

Treely est un add-on pour navigateur web. Une fois téléchargé, il va automatiquement détecter tous nos sites partenaires. Les liens sur les sites marchands vont se transformer en vert. Et un pourcentage sur les achats effectués est reversé à Treely. 70% de l’argent récolté par ce biais est reversé à l’ONG Nature Conservancy.

G&V : Pouvez-vous nous détailler les programmes soutenus?

M. R. : On part du principe que, si l’on veut avoir un impact, il vaut mieux s’engager sur un programme à long terme. Pour l’instant, Ecosia ne finance qu’un seul programme de WWF. Il s’agit d’un programme prioritaire dans le Nord-Est du Brésil qui soutient l’ensemble des actions de conservation dans le parc national de Tumucumaque, des salaires des gardes forestiers à l’éducation des populations, en passant par la gestion des transports au sein du parc.

Depuis sa création, Ecosia a généré plus de 630 000 euros de dons grâce à près de 250 000 utilisateurs.

Avec Treely, on soutient l’opération « Plant a Billion Trees », de l’ONG américaine Nature Conservancy. Pour chaque dollar versé, un arbre est planté dans la forêt atlantique du Brésil. Depuis son lancement, nous en sommes à un peu plus de 2 400 arbres plantés. On espérait plus, mais nous sommes sans doute arrivés trop tard dans la période d’achats des cadeaux de Noël.

Nous ne finançons que ces deux programmes, mais nous restons indépendants. Nous ne sommes pas liés à telle ou telle organisation.

G&V : Quels sont vos objectifs pour la suite ?

M. R. : Nous faisons de notre mieux pour générer des dons. Le fonctionnement est très simple, c’est la force du nombre qui marche. C’est un tout petit geste de chercher quelque chose sur Internet. Et, avec 0,01% des utilisateurs du web qui passent par Ecosia, 650 000 euros de dons ont été générés. Le potentiel est donc énorme.

Alors que dans les sommets internationaux, on se demande comment financer les mesures environnementales, dans le privé, sans rien demander à personne, on pourrait générer des millions d’euros. On fait partie de ces entreprises sociales qui veulent avoir un impact sur l’environnement, sur la planète. Et Internet nous donne une puissance incroyable.

Propos recueillis par Gaspard Mathé.

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