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Des îles sans futur?

Kiribati / / Océanie

La déception des petits états insulaires du Pacifique suite au COP 17 est proportionnelle à leurs attentes: immense! Le plan d’action décidé à Durban pour 2020 les condamne à une crise économique et démographique.

Au sommet de Copenhague en 2009, des manifestants ont déjà essayé d'attirer l'attention sur le sort de Tuvalu. ©Greenpeace Finland

La conférence n’a pas apaisé les angoisses des représentants de Kiribati, Tokelau ou du Vanuatu. Ils jouaient leur dernière carte de survie, réclamant une action immédiate en décembre 2011. Les seules décisions prises ont été de se réunir pour de nouvelles négociations, avec mise en application légale en 2015 et ratification en 2020.

Des régions déjà condamnées

Mais en 2020, la plupart de ces îles seront déjà condamnées. Les conditions climatiques extrêmes de ces dernières années ont mis à mal les sols, les populations et la survie économique de la région. Que les pays développés et en développement soient rassemblés pour répondre aux mêmes attentes est une première, mais c’est trop tard. Une fois de plus, des promesses et des projets, mais pas d’actions concrètes: personne ne veut s’attaquer au problème alors qu’il est encore maitrisable. Sans action décisive avant 2017, tout espoir de limiter l’augmentation des températures en dessous de 2 degrés est vain. Le futur de la région risque de se noyer sous la montée des océans.

Les retraits du Canada, du Japon et de la Russie (et l’absence des Etats-Unis) du Protocole de Kyoto rappellent l’impuissance des pays en danger. Pelenise Alofa, fait partie du réseau d’Action pour le Climat de Kiribati, confirme:

On ne peut pas forcer les gens à prendre leurs responsabilités. Mais peut-être que la Cour Internationale de Justice serait le bon endroit pour traiter de ces discussions.

Des pays sous la pression de la montée des eaux

Les petits pays insulaires contribuent à moins d’1% des émissions de carbone, mais ce sont eux qui souffriront des 59 cm de montée des océans prévus au 21ème siècle. Même si les îles atteignent 4m d’altitude, moins d’1 mètre suffit à ruiner les terres cultivables et les sources d’eau potable.

Les membres du sommet de Durban ont accepté de distribuer 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Cette offre généreuse fait grincer des dents pour plusieurs raisons: où trouver l’argent, les fonds promis pour 2010 ne sont toujours pas là. Surtout, en 2020, ce sera trop tard! Des inondations aux îles Salomon ont déjà réduit dramatiquement les ressources en eau potable. A Tuvalu, le sort des 10 000 habitants est très clair: si rien n’est fait, le pays n’a plus que quelques décennies devant lui.

Un bilan amer. Après 32 ans de négociations sur le réchauffement climatique, commencées à Genève en 1979, la région Pacifique ne voit qu’un gaspillage de temps et d’argent…

Ironie de l’histoire, il faut y ajouter l’empreinte carbone générée par les délégués qui ont assisté à ces conférences!

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