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Dans les coulisses du «solar business»

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Le business autrefois très florissant des panneaux solaires semble aujourd’hui en souffrance. Alors que ce marché générait plus de 600 Euros par seconde en 2008 dans le monde, les faillites ne se comptent plus aujourd’hui. Sinistré faute de subventions? Saturé par les productions chinoises? Ou simple étape nécessaire à un secteur qui a explosé ces 10 dernières années?

Un modèle économique en pleine mutation

Il y a à peine 2 ans, les projets solaires en France s’accumulaient au rythme des emplois et fortunes créés par la filière, alors même que ce business peinait à être rentable dans notre pays. En cause le coût relativement élevé au kilowatt heure, là où l’énergie nucléaire affiche un coût officiel difficilement concurrençable. Les particuliers ayant une installation photovoltaïque peuvent revendre l’électricité non-utilisée à un tarif de rachat fixé nationalement. Pour stimuler le développement de la filière, le gouvernement proposait des conditions fiscales avantageuses. Trop lourd à supporter, ces investissements de lancement ont été réduits plus vite que prévu.

Ce retournement politique a eu pour effet de bloquer de très nombreux projets, avec des conséquences désastreuses pour les entreprises n’ayant pas anticipé le coup de frein. Pour qu’une activité soit viable, elle doit pouvoir s’autofinancer. C’est-à-dire être rentable en dehors de toute aide. Le modèle économique du business solaire s’ajuste et trouve sa place à mesure que les coûts de développement diminuent et que les volumes augmentent.

Vers un assagissement des pratiques

La stratégie des panneaux solaires « low cost » a séduit de nombreux particuliers. Il est vrai que le concept de recouvrir toutes les surfaces possibles de panneaux solaires au rabais peut sembler excellent au premier abord. Mais l’idée de produire 2 à 3 fois plus d’électricité avec la même surface photovoltaïque fait son chemin. Multiplier le nombre de panneaux et d’équipements pour les faire fonctionner entraîne une multitude de potentielles défaillances. Sans compter l’augmentation déraisonnable des coûts d’installation, d’exploitation, de démantèlement et de recyclage.

La multiplication des sources de production d’électricité complexifie les réseaux et infrastructures de manière exponentielle, avec de très nombreux points de raccordement et flux à gérer. Entre sa sortie de centrale et son utilisation effective, plus du tiers de l’électricité mondiale est perdue. La faute à l’obsolescence des infrastructures et des réseaux et des matériaux peu sophistiqués. Au-delà de ces considérations techniques, il faut souligner que la plupart des panneaux de faible qualité contiennent des composés toxiques et polluants, dont les procédés de recyclage et de dépollution ne sont aujourd’hui que très partiellement maitrisés. Le problème se fera vraiment sentir dans 20 ans.

Des barrières technologiques importantes à franchir

Les panneaux haut de gamme ont le gros avantage de conserver une efficacité proche de celle du départ tout au long de leur utilisation. Mais la performance et la longévité ont un coût, et des limites. Les panneaux d’entrée de gamme, commercialisés ces dernières années, ont un rendement de 8 à 12%. Efficacité qui diminue après quelques années, en fonction des conditions environnantes. Les panneaux d’excellente qualité peuvent atteindre jusque 25% de rendement. Pour des raisons qui paraitront obscures aux «scientophobes», le rendement théorique des cellules actuelles est plafonné à 33,5%. Pour dépasser cette limite, dite de Shockley-Queisser, il faudrait multiplier le nombre de zones de contact entre les couches de silicone. Selon l’Institut national de l’énergie solaire, des recherches avancées sont en cours pour élaborer des cellules affichant des rendements supérieurs à 50%. Pas certain que les businessmen de cette décennie puissent en profiter…

Jérémy Lamri

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