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Le lac Victoria à court d’eau

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Le deuxième plus grand lac du monde ne reçoit plus assez de pluies pour maintenir son niveau. Les bateaux n’arrivent plus à accoster dans ses ports. Le coût financier et social est élevé.

Le niveau d'eau du lac Victoria baisse depuis le milieu des années 90. ©Ryan Harvey (Flickr)

La baisse des précipitations change la donne

Le débarcadère dans le port de Nansio sur le Lac Victoria ne sert plus. Le ferry ne peut plus arriver jusque là. Il n’y a plus assez d’eau. Le niveau diminue depuis que les chutes de pluie ont ralenti, dans les années 90. L’eau a baissé de 2m au niveau des quais, il n’y a plus assez de fond pour accueillir les bateaux.

Les experts pensent que le réchauffement climatique contribue à cette modification des précipitations sur le Lac Victoria, et que d’autres changements sont possibles. Selon le rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement,

Les pluies deviendront moins prévisibles et leur intensité sera volatile.

Dans le port de Mwanza, sur la rive sud du lac, le problème est identique. Un des bateaux du port, le MV Victoria, a du faire repositionner ses portes d’accès plus bas car les vieilles étaient devenues inaccessibles.

Perte sèche

Sur la route Nansio- Mwanza, un îlot baptisé Makobe a émergé de la surface du lac ces dernières années. À cause des bas niveaux d’eau, une des compagnies principales de transport, Marine Services Company (MSC), a été obligée de remplacer un de ses ferries par un plus petit, le MV Clarias, en 2003. Le MV Serengeti transportait 600 passagers et 350 tonnes de marchandises. Le MV Clarias n’a qu’une capacité de 250 passagers et de 10 tonnes de frêt.

Les pertes financières de la compagnie sont raides : 143 000 USD (110 000€) par an. Pourtant Nansio est en plein boum, grâce à la ville de Mwanza, à qui elle fournit du poisson. Les affaires sont si mauvaises que désormais, le port de Nansio emploie seulement deux employés.

La population locale en pâtit

La compagnie MSC a aussi arrêté de desservir de petits ports comme Kome, Mwanoni, et Nyamurenge. Même si ces ports sont importants pour le développement des zones rurales, ils sont désormais ignorés. Les autochtones n’ont pourtant que le ferry pour ramener de la nourriture, de l’électronique, des véhicules moteurs, des pièces détachées, et du bois. Le directeur général de MSC, Alex Mchauru déplore cette situation:

Je sais que la population compte sur les ferries mais ils n’y a plus assez d’eau pour que les bateaux accostent.

MSC compte donc réduire son nombre de bateaux. En effet, même si un autre endroit lui a été attribué pour y construire un nouveau quai, la situation ne s’améliore pas:

C’est sans espoir: l’eau descend et s’éloigne, et nous devons allonger le quai avec de la terre et des pierres afin de regagner le terrain perdu.

Combien de temps encore les habitants pourront-ils chasser l’eau qui s’enfuit toujours plus loin?

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