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L’argent du fonds Amazonie inexploité

Brésil / / Amérique du sud

Créé en 2008, pour financer des initiatives de protection de la forêt avec des ressources provenant de pays développés, le fonds Amazonie rechigne à accorder des financements. Au grand dam des pays donateurs. Une attitude qui affaiblit la parole du Brésil dans le débat mondial sur l’environnement.

Moins de 10% des dons récoltés par le fonds Amazonie sont utilisés. ©Lubasi (Flickr)

Depuis 2009, le fonds Amazonie, géré par le BNDES (Banque du Développement Economique et Social), a reçu près de 830 millions de R$ de dons (370 millions d’euros). Seulement 70 millions de R$ (30 millions €) ont été dépensés, pour financer 23 projets, à peine 10% de l’enveloppe totale. Une faible redistribution qui affaiblit le discours brésilien lors des forums multilatéraux. D’autant que le pays a toujours défendu l’idée que la préservation des richesses naturelles des pays émergents devait être financée par les pays riches.

La Norvège s’impatiente

Le principal donateur du fonds, la Norvège, exprime ouvertement son malaise par rapport à cette situation. La presse nationale et la société norvégienne se posent des questions quant à l’utilisation des ressources au Brésil. Le pays scandinave, qui s’est engagé à donner 1 milliard de US$ (771 millions €) au Fonds Amazonie, a déjà signé des contrats avec la BNDES pour un montant de 418 millions  de US$ (322 millions €). Des ressources déposées à la Banque Centrale de Norvège et disponibles pour le fonds.

N’importe quel projet visant à la préservation environnementale peut être financé par la BNDES. Mais la rigueur administrative imposée par la banque a rendu l’utilisation de cet argent une “épopée”, indique le directeur du Musée de l’Amazonie, Ênio Candotti. Le projet d’implantation du musée a été approuvé par la BNDES et a reçu 1,5 million de US$ du Fonds, après un an et demi d’attente.

Il est beaucoup plus facile d’obtenir un crédit pour du bétail ou du soja que d’investir dans l’huile de copaiba. Une forêt préservée doit avoir plus de valeur que des zones sans forêt. C’est ça le secret.

Des dons inexploités

Pour les norvégiens, le fonds n’exploite pas suffisamment ses possibilités de financement. L’Allemagne a également fait un don de 27,2 millions de US$ et la compagnie pétrolière Petrobras a donné 4,2 millions de US$.

Entre 2010 et 2011 le montant des projets financés par la BNDES a diminué de moitié, alors que les dons sont en hausse. En 2010, la banque a signé 8 contrats pour un montant de 95 millions de US$. En 2011, 11 contrats ont été signés pour un total de 31 millions de US$. Les pays donateurs se découragent et commencent à se poser des questions.

Le fonds essaie de faciliter la libération des ressources

Le directeur du département de Politique de Contrôle de la Déforestation, Mauro Pires, responsable du fonds Amazonie au sein du Ministère de l’Environnement, admet que le Fonds ne fonctionne pas comme on pourrait l’attendre. L’an dernier, le Comité d’Orientation du Fonds Amazonie (COFA) a adopté des changements pour faciliter la libération des ressources. Il a décidé de traiter en priorité les initiatives de production durable et les projets facilitant la régularisation foncière des terres.

Nous travaillons à la construction de projets qui sont au cœur de la déforestation.

argumente Pires. La banque reconnaît aussi la nécessité de perfectionner ses processus de gestion du fonds.

Bien que nous ayons réussi à sélectionner et soutenir divers projets d’excellente qualité, beaucoup de plans présentés à la BNDES n’entrent pas dans le cadre des politiques opérationnelles et des exigences nécessaires pour que la banque puisse les aider.

Une administration lente et exigeante

La lourdeur administrative de la BNDES pour libérer les ressources du Fonds Amazonie a un impact négatif sur l’exécution des projets. Erika Nakazono, responsable de la Nouvelle Cartographie Sociale de l’Amazonie, relate l’histoire de son projet. Présenté en octobre 2009, il n’a été approuvé qu’en mai 2011. Après de nombreuses réunions entre des chercheurs de l’Université Fédérale d’Amazonas et les techniciens de la banque, qui ont demandé des modifications au projet initial.

Erika affirme que certains chercheurs ont préféré abandonner devant les difficultés rencontrées. Par exemple, une partie du projet qui prévoit de cartographier 27 communautés traditionnelles, ne peut être réalisée car la BNDES interdit les subventions aux habitants.

Il est évident que les démarches administratives sont trop compliquées. Plusieurs fois, nous avons douté du bien-fondé de nos efforts.

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