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Pauvreté, grossesses adolescentes et mortalité maternelle

Mexique / / Amérique du nord

La recrudescence de maternités chez les adolescentes illustre l’inefficacité des politiques publiques, incapables d’offrir aux jeunes un réel accès à la contraception. À quand une véritable éducation sexuelle à l’école et une attention sanitaire de qualité?

Pour des millions de jeunes adolescentes, généralement issues des populations autochtones mexicaines ou des classes sociales les plus pauvres, la maternité arrive très tôt. Et ce n’est pas toujours la source de bonheur escomptée.

Une situation préoccupante à Veracruz et Oaxaca

Selon l’Institut national de statistiques (INEGI), 19% des grossesses répertoriées en 2010 dans l’état de Veracruz correspondaient à des femmes de moins de 19 ans. Parmi les populations autochtones, une jeune fille sur six est mère à 15 ans. Des chiffres à rapprocher de ceux de la mortalité maternelle, l’une des plus élevées du pays, avec 74,8 décès pour mille naissances, alors que la moyenne nationale est de 62,8 pour mille.

Même constat dans l’état d’Oaxaca, où 20% des grossesses annuelles enregistrées correspondent à des adolescentes. Par ailleurs les Services de santé d’Oaxaca (SSO) indiquent que le nombre de maternités chez les moins de 18 ans a doublé entre 2005 et 2011, passant de 7137 à plus de 13 000. Une réalité inquiétante, surtout que plus de la moitié des grossesses adolescentes ne sont pas désirées.

La maternité à l’adolescence entraîne généralement des conséquences socioéconomiques négatives  pour les mères. Elles ont plus de mal à continuer leurs études ou à trouver un emploi.

Pas de véritable politique de prévention

Pour Patricia Bedolla, du Comité d’Amérique latine et des Caraïbes pour la défense des droits de la femme (CLADEM), l’augmentation des grossesses chez les plus jeunes est la conséquence directe de l’absence de programmes de prévention. L’état se contente d’octroyer une aide mensuelle de 38 dollars aux jeunes mamans qui en font la demande. De simples mesures d’assistanat selon le CLADEM, qui réclame la mise en place de véritables politiques publiques de prévention.

Patricia Bedolla accuse également l’état de Morelos de promouvoir l’abstinence sexuelle au sein de la population adolescente, au détriment de l’accès à la contraception:

Dans les écoles publiques, on se refuse à parler de sexe, de relations sexuelles et de leurs conséquences.

La directrice du CLADEM au Mexique s’indigne de l’attitude d’organismes publics nationaux tels que le Système de développement intégral de la famille, qui

incitent à l’abstinence pour éviter les maladies sexuellement transmissibles, mais pas pour éviter la grossesse, en raison de la mentalité persistante qui veut qu’avoir un enfant soit toujours une bénédiction.

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