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La géo-ingénierie pour stopper le réchauffement climatique?

USA / / Amérique du nord

Des milliardaires, dont Bill Gates, ont financé une série de rapports sur l’utilisation future des technologies de géo-ingénierie sur le climat. Un concept qui déclenche la polémique.

La géo-ingénierie propose d'agir directement sur l'atmosphère pour contrer le réchauffement climatique. ©Eric Golub (Flickr)

Contrecarrer les changements climatiques grâce à la géo-ingénierie

Un petit groupe de scientifiques, soutenu financièrement par des milliardaires, fait du lobbying auprès des gouvernements et des organismes internationaux. Leur but, soutenir des expériences volontaires sur la manipulation du climat à l’échelle mondiale afin de contrecarrer les changements climatiques catastrophiques qui s’annoncent.

Les scientifiques préconisent des méthodes de géo-ingénierie, comme la pulvérisation de millions de tonnes de particules réfléchissantes de dioxyde de souffre à 30 miles (environ 50 km) au-dessus de la terre. Ils soutiennent qu’un « plan B » contre le réchauffement climatique sera nécessaire si l’ONU et les politiciens n’arrivent pas à imposer les réductions  de gaz à effet de serre. Pour eux, le gouvernement des États-Unis, ainsi que d’autres pays, doivent financer dans ce sens un programme majeur de recherche internationale.

Une méthode controversée

Les techniques de géo-ingénierie solaires sont très controversées. Certains scientifiques spécialistes du climat pensent qu’elles peuvent être un moyen rapide et économique pour ralentir le réchauffement climatique. D’autres craignent que ces expériences, réalisées dans la haute atmosphère, puissent modifier de manière irrévocable la pluviométrie et interférer avec le climat terrestre.

Le concept de géo-ingénierie est aussi contesté par de nombreux écologistes. Ils affirment que cette technologie pourrait miner l’ensemble des efforts et des consciences qui tentent de réduire leurs émissions. Les pays en développement craignent aussi que ces technologies soient utilisées comme  arme, ou à l’avantage des pays riches.

Des problèmes de déontologie

Les inquiétudes vont grandissantes car le groupe gagne en influence. Leur pression pourrait avoir un effet disproportionné sur les décisions concernant la recherche et la politique de la géo-ingénierie.

Lors d’une conférence traitant de la déontologie en géo-ingénierie, Jane Long, directrice de la Lawrence Livermore National Laboratory aux États-Unis, a déclaré:

Nous en aurons besoin pour nous protéger des intérêts particuliers. Nous devons être sûr que les décisions ne sont pas influencées par des partis qui pourraient s’enrichir à travers le choix de modifier le climat, en particulier en utilisant la propriété intellectuelle exclusive.

Doug Parr, responsable scientifique de Greenpeace, a ajouté:

Les enjeux sont très grands et les scientifiques ne sont pas les mieux placés pour faire face aux problèmes sociaux, éthiques ou politiques qui touchent la géo-ingénierie. L’idée qu’un groupe d’individus, qui s’est auto-sélectionné, ait autant de pouvoir est bizarre.

Où est la solution?

Trouver une solution technologique rapide aux changements climatiques se fait pressant. D’autant plus que les politiciens ne parviennent pas à s’entendre sur des mesures concrètes pour réduire les gaz à effet de serre. Entre 2009 et 2010, le gouvernement américain a reçu des demandes pour plus de 2 milliards de dollars de subventions pour la recherche en géo-ingénierie. Il en a octroyé 100 millions.

Tout comme Bill Gates, d’autres célébrités et milliardaires ont participé au financement de ces recherche: Sir Richard Branson, ou encore le co-fondateur de Skype, Niklas Zennström. Les professeurs David Keith, de l’Université Harvard, et Ken Caldeira, de l’Université de Stanford, sont les deux des leaders de la recherche en géo-ingénierie.  Ils travaillent sur plusieurs projets de capture du carbone et font des recherches sur la gestion du rayonnement solaire.

Un groupe omniprésent

Diana Bronson, chercheuse basée à l’ETC de Montréal, s’inquiète:

Le même petit groupe de travail sur les technologies à haut risque qui « géo-ingénierise »  la planète est aussi celui qui gère la discussion des règles et règlements internationaux. Nous ne pouvons pas mettre le loup dans la bergerie.

Clive Hamilton, professeur d’éthique publique à l’Université nationale australienne, s’indigne sur un blog du Guardian:

Cette même clique fait du lobbying pour que soit injecté des sommes considérable de fonds publics dans la recherche en géo-ingénierie. Ils sont présents dans presque toutes les délibérations d’ experts. Ils ont été les principaux conseillers d’enquêtes parlementaires et du Congrès. Et leurs points de vue, selon toute vraisemblance, dominent les délibérations du Groupe d’experts intergouvernemental de l’ONU sur les changements climatiques (GIEC), confronté pour la première fois à l’enchevêtrement scientifique et éthique qu’est l’ingénierie du  climat.

Les scientifiques impliqués rejettent les accusations de conflit d’intérêt. Phil Rasch, climatologue en chef de la Pacific Northwest National Laboratory, s’explique:

Je ne crois pas qu’il y ait un conflit d’intérêts. Je ne fais pas de lobbying,  je ne travaille pas avec des brevets ou des droits de propriété intellectuelle, je ne fais pas de recherches et de travaux avec des entreprises à but lucratif.  La recherche que je fais sur la géo-ingénierie implique des simulations informatiques et des réflexions sur les conséquences possibles. La fondation Ficer qui a financé ma recherche essaie d’être transparente dans ses activités, moi aussi.

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Derniers commentaires

  1. géol'ogre

    Si vous n’êtes pas conscient de ce qui se trame au dessus de votre tête ouvrez les yeux et informez vous, mais s’il vous plait arrêter de me sortir des articles comme ça.
    Ou alors avouez que vous êtes aux ordres et que vous collaborez.
    Pensez a vos et na nos enfants ils ne méritent pas ça.

  2. géol'ogre

    La géo-ingénieurie est une belle saloperie qui malheureusement est déjà appliquée depuis dès années sans que le citoyen ne soit au courant.
    Aucune étude n’a montré les effets que pouvez avoir les retombées d’aluminium, de baryum, de polymère synthétique …
    Si le site « Green vert » (et ça vaut pour green peace aussi) voulait vraiment préserver l’environnement et lutter contre les pollueurs vous ne présenteriez pas cet article en montrant la géo-ingénierie comme possible solution d’avenir mais vous HURLEREZ AU SCANDALE EN COURS.

    Laquais ou moutons vous faites bien votre travail en tout cas.
    A bon entendeur…