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De la cuisine à basse émission de carbone

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Selon le Ministère de l’agriculture du Mali, plus de 500 000 hectares de forêts sont rasés chaque année pour leur bois et pour le charbon. Un nouveau système de cuisson alliant énergie solaire et rétention de chaleur pourrait ralentir la déforestation et faire des économies.

Le four solaire permet aux familles maliennes de faire des économies substantielles, en charbon et en argent. ©Akuppa John Wigham (Flickr)

Un système simple et écologique

Anna Dembele fabrique un système de cuisson écologique. Son appareil est composé d’une boite en aluminium, d’une marmite en métal et d’un sac en plastique résistant à la chaleur. Il y a aussi un panier thermos isolé, dans lequel on dépose la nourriture pour qu’elle continue à mijoter après avoir bouilli, et une plaque «fusée» qui permet de rentabiliser l’appareil et le bois brûlé.

Anna a simplifié sa vie. Elle n’a plus besoin de rester près du feu à surveiller la cuisson. Elle forme désormais d’autres femmes à la fabrication de ses appareils. Sa maison ressemble certains jours à un atelier pour l’Association des femmes ingénieurs du Mali (AFIMA). Le mois dernier, le groupe a commencé à étendre ses opérations à tout le pays. Selon elle:

Notre but est d’aider les gens à lutter contre l’inflation et contre la déforestation en même temps. On n’aura plus autant besoin de charbon et de bois pour cuisiner. Le système permettra d’épargner de nombreux arbres.

Des économies substantielles prouvées

Les dames techniciennes de Bamako se servent de la cuisinière solaire depuis 2001. En 2009, avec la Fondation néerlandaise KoZon, elles ont choisi 30 familles motivées pour servir de sujet d’étude avec la cuisinière. Chaque famille a payé 3 dollars pour deux cuisinières, une marmite et un grand panier calorifuge. L’association a ensuite étudié précisément les dépenses de ces familles pendant un an. Il en est ressorti qu’un foyer peut économiser 30% de charbon (soit 360 kg par famille), 80 dollars, et diminuer ses émissions de GES (gaz à effet de serre) de 3,2 tonnes.

L’équipement peut encore être amélioré. Même si le Mali est un pays ensoleillé, la cuisinière ne marche pas bien quand il y a des nuages. Elle a aussi du mal à répondre aux besoins des familles nombreuses. Des paraboles plus grandes peuvent capturer davantage d’énergie solaire. Fabriquées par  le Centre régional pour l’énergie solaire (CRES), soutenu par l’État, elles restent onéreuses, à 270 dollars pièce.

Nous avons besoin d’en trouver qui soient subventionnées, pour nos femmes dans les campagnes.

déclare la directrice adjointe de l’association, Aoua Niang.

Les traditions sont tenaces

Mais certains résistent au changement et ne veulent pas s’éloigner de leurs traditions. Daouda Coulibaly, un commerçant vivant dans la capitale, par exemple, ne veut pas que sa femme cuisine avec la cuisinière solaire. Il explique:

Le four à pierres sur lequel nous cuisinons est chargé de symboles dans la culture Bambara. Chez nous, le four garantit l’unité de la famille, alors nous ne devons pas y toucher.

Reste à voir si ce point de vue est prévalent dans les grandes villes, où les problèmes économiques et une forte inflation mettent toujours plus de pression sur les ménages. De plus en plus de gens s’ouvrent à des alternatives.

Anna Dembele, quant à elle, a fait son choix:

Je devais dépenser un dollar de charbon ou de bois par jour, mais depuis que je cuisine avec ce nouveau système, je dépense moitié moins.

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