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L’eau potable de Maturín menacée par une marée noire

Venezuela / / Amérique du sud

Un demi-million de personnes sont toujours privées d’eau potable, suite à la rupture d’un oléoduc dans le nord-est du pays. Les autorités minimisent l’impact environnemental de l’accident, mais l’ampleur de la fuite reste inconnue.

Des dizaines de milliers de barils de bruts se seraient déversés sur une zone de 40 hectares le 4 février dernier. Les écoulements auraient atteint la rivière Guarapiche, principale source d’eau potable de la région.

Silence radio autour de l’accident

L’avarie a été réparée, mais il est toujours impossible de connaître avec certitude la quantité de pétrole qui s’est échappée du conduit endommagé. Près de deux semaines après la catastrophe, la compagnie pétrolière d’état Petroles de Venezuela SA (PDVSA) garde le silence et n’a encore fourni aucune estimation. Même attitude de la part du ministère de l’Énergie, qui s’est jusqu’à présent refusé à tout commentaire.

Juan Pablo García, député de l’opposition et membre de la Commission à l’Énergie à l’Assemblée, affirme de son côté que l’accident a provoqué le déversement d’au moins 60 000 barils. Certains spécialistes avancent même le chiffre de 150 000 barils.

La marée noire a créé d’importantes nappes de pétroles dans le Guarapiche, un affluent du fleuve San Juan. Celui-ci se jette dans le golfe de Paria, une zone écologiquement fragile constituée de marécages et de mangrove, où les pêcheurs du Venezuela et de Trinidad-et-Tobago viennent capturer des crevettes.

Selon, Alejandro Hitcher, ministre de l’Environnement,

Seules des traces de pétrole ont atteint le fleuve San Juan. Il n’y a aucune catastrophe écologique.

2 000 personnes employées pour le nettoyage

Des affirmations difficiles à croire au vu des moyens déployés par PDVSA, qui emploie actuellement 2 000 personnes pour le nettoyage des eaux du Guarapiche.

Par précaution, l’aqueduc acheminant l’eau de la rivière vers Maturín, la capitale de l’état de Monagas, a dû être fermé. Une vieille conduite d’eau puisant dans une autre rivière à été réparée en catastrophe, et des camions-citernes envoyés par PDVSA assurent un approvisionnement d’urgence dans la capitale.

Une situation difficile, alors que les températures avoisinent quotidiennement les 30°C et que la plupart des habitants de la région dépendent des eaux du Guarapiche. Le service ne devrait pas être rétabli avant une dizaine de jours.

Des conséquences encore inconnues

Les conséquences de la marée noire restent encore largement inconnues. María Eugenia Gil, directrice de la fondation écologiste Agua Clara, est pessimiste:

La pollution n’est pas seulement aquatique, avec son impact sur la faune et la flore, mais également aérienne, en raison des odeurs de soufre et des vapeurs cancérigènes de benzène. Ce à quoi s’ajoute l’inflammabilité du brut léger et le fait que PDVSA a embauché du personnel pas forcément qualifié pour les travaux de ramassage.

Sur les 2 000 personnes chargées de nettoyer le fleuve, seules 800 font partie du personnel de l’entreprise.

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