La question énergétique déchaîne les présidentielles

En France, la question du nucléaire suscite de nombreuses divergences dans la campagne présidentielle. Aux États-Unis les énergies fossiles sont le cheval de bataille des prétendants à la maison blanche.

Par GVadmin Modifié le 5 novembre 2012 à 12 h 02

En France, la question du nucléaire suscite de nombreuses divergences dans la campagne présidentielle.  Aux États-Unis les énergies fossiles sont le cheval de bataille des prétendants à la maison blanche.

Les États-Unis future superpuissance énergétique

Mardi 6 mars 2012 était un grand jour pour la course républicaine à la maison blanche. Lors du «Super Tuesday», dix des cinquante états votaient pour les primaires. La partie est loin d’être jouée. Si Mitt Romney semble avoir pris de l’avance, l'ancien gouverneur du Massachussetts n’est pas suffisamment conservateur au goût de l’aile droite du parti.

Bob Musil, professeur en Politique de l’énergie et du climat à l’American University de Washington, rappelle que:

L’aboutissement des primaires républicaines est généralement déterminé par une petite portion d’ultra-conservateurs alignés sur le Tea Party, et par les chrétiens de l’extrême droite.

Pour plaire à l’Amérique profonde, le candidat a donc sorti l’arme lourde. «Les Etats-Unis peuvent être une superpuissance énergétique», lançait-t-il la veille du scrutin dans une tribune. Face à un président «qui s’imagine qu’une économie peut fonctionner avec des éoliennes et du solaire subventionné», il promet de «relancer la production des ‘vraies’ énergies», et d’approuver «dès le premier jour» le Keystone XL, ce gigantesque projet de pipeline qui doit relier le Canada au Texas.

Un conservatisme mis en avant pour le processus des primaires assure Musil:

Quand il sera désigné, Romney attaquera Obama davantage sur le centre. Ce qui restera plutôt conservateur aux yeux des européens.

La maison blanche tente aussi de rallier ses supporters.

En attendant, Romney ne peut que marquer des points en mentionnant le Keystone XL. Le projet a déchaîné le monde politico-industriel pendant des mois. En signant son rejet, dans son état actuel, en janvier dernier, le président a blâmé:

Le calendrier arbitraire et précipité imposé par les républicains du congrès. [Même s'il assure les Américains de] son engagement pour une énergie d’origine américaine.

Par ce geste, Obama tente aussi de reconquérir ses supporteurs. Le 6 novembre 2011, 12 000 manifestants encerclaient la maison blanche pour protester contre le pipeline, ceux-là même qu’il avait reçu, six mois plus tôt. Pour le professeur Musil:

L’enjeu pour Obama est de remobiliser les jeunes votants, les réformistes, les environnementalistes, qui sont moins enthousiastes qu’en 2008.

Le ton est d’ailleurs donné au lancement de la campagne Obama 2012. Sur Treehugger.com, on constate avec satisfaction que sa première publicité «tacle les milliardaires du pétrole» et «caresse  l’indépendance énergétique et les emplois dans le renouvelable». Une étude de Kelton Research montre même que «neuf américains sur dix supportent l’énergie solaire».

Mais Musil tempère:

Pour des états comme la Pennsylvanie, New York ou l’Ohio, les gaz de schiste et les pipelines signifient surtout de l’emploi dans une économie moribonde.

Michael Ravier

1 commentaire on «La question énergétique déchaîne les présidentielles»

  • Le sénat a rejeté ce jeudi 8 mars un amendement proposé par des républicains, qui aurait permit le relancer immédiatement le projet du Keystone XL. Il a été rejeté par 56 voix contre 42, alors qu’il nécessitait une majorité augmentée de 60 voix.

    La bataille entre les deux camps continue donc …

    Répondre
Laisser un commentaire

* Champs requis

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.