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Pékin veut réduire le volume de ses ordures

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Le premier mars, Pékin a mis en place une nouvelle tarification pour la collecte des ordures des bâtiments non résidentiels. Augmentation tarifaire mais surtout différenciation entre les déchets de cuisine et le reste devraient permettre de réduire un problème qui devient inquiétant.

Si Pékin n'arrive pas à freiner sa production de déchets, la capitale risque d'être noyée sous ses détritus. ©art_es_anna (Flickr)

Avec ses 18 300 tonnes d’ordures produites chaque jour, la capitale chinoise a de plus en plus de mal à faire face. Les usines d’incinération, les décharges d’enfouissement et les unités de recyclage ne suffisent plus: le volume d’ordures a augmenté de 8% par an en moyenne entre 2004 et 2010. Si les choses continuent à ce rythme, Pékin sera ‘encerclée’ par les déchets avant 2025.

Les tarifs de collecte modifiés

Pour éviter que le scénario du film d’animation ‘WALL-E’ ne se réalise, les édiles de la ville veulent essayer toutes les solutions potentielles. Ils ont ainsi mis en place une nouvelle régulation locale concernant les immeubles non résidentiels. Ils se voient désormais facturer la prestation de collecte des ordures selon deux barèmes. Alors qu’auparavant chaque tonne d’ordure ramassée était facturée aux gestionnaires d’immeubles 25 yuans (environ 3 euros) par tonne, le prix a été modifié le 1er mars 2012. Désormais, la tonne de déchets de cuisine (recyclable en engrais notamment) reste tarifée 25 yuans, la tonne des autres ordures est ramassée au prix de 90 yuans (environ 11 euros). Des prix qui vont évoluer dès 2014, où la tonne de déchets de table passera à 90 yuans et celle des autres ordures à 180 yuans (environ 22 euros).

L’objectif de la municipalité est clair.

Nous voulons sensibiliser les pékinois à l’importance du tri des déchets. Cette mesure va nous permettre de réduire le volume d’ordures à incinérer ou brûler.

Lu Jiangtao, responsable des questions du ramassage des ordures dans l’administration de la capitale, précise que les sommes supplémentaires collectées serviront à financer la modernisation de l’infrastructure de collecte.

Vu les réactions de ceux qui sont concernés, il est fort à parier que ces nouvelles mesures devraient avoir l’effet escompté. Gao Xueying est responsable marketing au sein de la chaîne de restaurants ‘Beijing Riverside and Courtyard’. De son propre aveu, les tarifs de ramassage des ordures sont tellement bas que sa société ne s’est jamais penchée sur cette problématique.

On n’a encore jamais établi de statistiques sur notre production journalière ou mensuelle de déchets. Mais avec l’augmentation des tarifs, je pense que notre société va le faire d’ici peu.

Et prendre des mesures pour réduire les déchets…

Un essai à transformer

Les ONG, de leur côté, se réjouissent de la décision de la municipalité. Chen Liwen, responsable de ‘Beijing Environmental Protection’, réclamait une action de ce type depuis longtemps. La plupart des restaurants de la ville ne séparent pas les déchets de cuisine du reste. Un tel règlement était nécessaire. Espérons maintenant qu’il sera respecté et que les autorités de contrôle feront leur travail.

Des nouvelles mesures qui, si elles sont efficaces, pourraient être étendues aux habitations de la capitale. Aujourd’hui, les pékinois payent un forfait de 66 yuans (environ 8 euros) chaque année pour les services de collecte des ordures. Un montant qui n’a pas changé depuis 13 ans, alors que l’inflation ne s’est pas arrêtée pendant cette période d’explosion économique. L’administration compte bien revoir le tarif et réfléchit à facturer au poids d’ordures ramassées. Un changement qui sera nécessaire si la municipalité veut réussir son objectif de stopper l’augmentation du volume de déchets annuel dès 2015.

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