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Vers une remise en cause de la notion de PIB au Rio+20?

Brésil / / Amérique du sud

Le chercheur José Eli da Veiga, de l’Institut des Relations Internationales de l’USP (Université de São Paulo), critique un passage de la première ébauche de Rio+20, un projet de document principal qui sera présenté à la future conférence. Le passage en question aborde les limites du PIB (Produit Intérieur Brut) comme indicateur de bien-être des pays.

La pertinence de l'utilisation du PIB comme indicateur de développement fait débat. ©Joe Wolf (Flickr)

Il qualifie le texte qui servira de base au document final de la conférence sur le développement durable, « d’inepte ». Pour Eli da Veiga, ce premier jet n’est pas satisfaisant dans sa façon de proposer

Des indicateurs complémentaires au PIB qui intègrent les dimensions économique, sociale et environnementale de façon équilibrée.

Le chercheur affirme:

Il ne s’agit pas de compléter, mais de s’affranchir du PIB. A l’époque où il a été conçu, on disait déjà qu’il ne pourrait pas être un indicateur de bien-être.

Un indicateur dépassé

Nombreux sont ceux qui pensent, dans le contexte actuel de changement climatique et de perte accélérée de la biodiversité, que les gouvernements et les entreprises doivent prendre en compte des facteurs au-delà de la richesse économique produite, base du PIB aujourd’hui. Eli da Veiga souhaite que les discussions de Rio+20 prennent en compte le travail effectué par la Commission de Mesure de la Performance économique et du Progrès social, créée en 2008 à l’initiative de la France. La « commission Stiglitz-Sen-Fitoussi », du nom de ses responsables, a proposé d’autres formes de mesure du développement des nations, différentes de celles du PIB.

Parmi elles, le revenu net disponible de chaque foyer, un indice de développement humain plus ample que l’actuel IDH (indice de développement humain). Il incorpore des items concernant la sécurité publique et économique, et un indicateur mesurant les impacts environnementaux, comme par exemple les émissions carbone et les consommations d’eau.

Ce système permettrait aux pays d’évaluer de façon plus complète les conséquences de leur mode de consommation et de production sur les populations et sur la planète.

Des voix discordantes

Certains cependant ne sont pas d’accord. Le professeur Jacques Marcovitch, de la Faculté d’Économie, Gestion et Comptabilité de l’USP, défend une évaluation de la performance des pays en ajoutant un nouvel indicateur à d’autres déjà existants, comme l’IDH et le PIB par habitant.

D’après lui, ce nouveau mécanisme doit être capable d’évaluer le développement environnemental des pays et des secteurs économiques se basant sur l’efficacité énergétique, l’usage de l’eau, la couverture végétale, les émissions de gaz à effet de serre, la gestions des déchets, etc.

Je trouve cela mieux de procéder ainsi plutôt que de jeter à la poubelle tout ce qui a déjà été construit. L’IDH, par exemple, est un concept qui a déjà été bien assimilé par les maires.

Marcovitch doute cependant que ce nouvel indicateur puisse se faire dans le cadre des Nations-Unies.

Les sociétés civile et académique doivent s’unir pour répondre à ce défi.

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