Source inépuisable sur le développement durable

Green et vert

Fukushima, un an après

Japon / / Asie

Un an après la catastrophe de Fukushima, où en est-on ? Les victimes attendent les compensations de Tepco, les réacteurs qui ont fusionné continuent d’inquiéter, mais l’Asie semble persister dans l’option nucléaire malgré l’opposition de plus en plus vive du public.

Un an après l'explosion des réacteurs de Fukushima Daiishi, les problèmes sont loin d'être résolus au Japon.©Kawamoto Takuo

Suite au terrible Tsunami qui a frappé les côtes du Nord-est de l’archipel le 11 mars dernier 2011, les réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi ont fusionné, entraînant la plus importante catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl en 1986.

Un an après, la centrale demande encore des soins intensifs et inquiète toujours jusqu’aux plus optimistes. Personne ne sait ce qui s’est vraiment passé. Tout changement de situation fait craindre le pire. Courant février 2012, l’inquiétude est revenue suite à l’annonce par TEPCO, le gestionnaire de la centrale, de la situation du réacteur numéro 2. La température y aurait augmenté fortement et subitement alors que ce réacteur est déclaré, comme les quatre autres réacteurs du complexe, avoir atteint un état ‘stable’. Quelques jours plus tard, TEPCO annonce que c’est le thermomètre qui était endommagé. Réaction officielle de Goshi Hosono, le ministre affecté à la gestion de la crise:

Nous devons prendre ce problème d’équipement au sérieux. Les travaux de décommissionnement devant durer 30 à 40 ans, il est inadmissible que TEPCO ne puisse communiquer des données correctes moins d’un an après la catastrophe.

Pendant ce temps, la population évacuée après le drame reste dans l’expectative. Et pas seulement en ce qui concerne l’état du réacteur. Ils attendent les fonds promis par TEPCO pour les dédommager d’avoir dû quitter leur maison, perdu leur emploi et leur santé. L’opérateur s’est engagé à rembourser, au prix du marché avant la catastrophe, tous les propriétaires des régions où les radiations dépassent 50 millisieverts par an. Mais d’une part, les fonds ne sont toujours pas là, d’autre part, qu’adviendra-t-il des autres? Il est compréhensible que les habitants des régions où les radiations s’élèvent « seulement » à 45 millisieverts préféreraient n’être pas obligées de retourner démunis sur les ruines de leurs anciens foyers.

L’énergie nucléaire séduit toujours les gouvernements asiatiques

A l’occasion de ce triste anniversaire, Greenpeace a lancé des actions dans toute l’Asie. L’ONG espère sensibiliser les gouvernements du continent aux risques de ce type d’énergie. Car, malgré l’opposition de plus en plus évidente des populations inquiètes, presque tous les gouvernements semblent vouloir continuer à miser sur l’atome. Le Vietnam a récemment fait un pas de plus vers sa première centrale de technologie russe. Si des scientifiques de Taiwan exigent un référendum sur la construction de nouvelles centrales, pas sur que l’administration juste réélue de Ma Yingjiu y consente. Les Philippines et l’Indonésie réfléchissent à la solution, alors que la Chine et l’Inde travaillent activement au développement de leur parc nucléaire.

Quant à la situation au Japon, elle est confuse. Seules 2 des 54 centrales du pays fonctionnent encore, produisant seulement à 6% de la capacité totale du parc. Avant la catastrophe ce ratio production/capacité s’élevait aux alentours de 80%. Dans ce contexte, quel est l’avenir de l’atome au pays du soleil levant? Si les autorités de l’archipel multiplient les déclarations en faveur des énergies renouvelables, comme l’a récemment fait le gouverneur de la préfecture de Fukushima, on ne voit pas comment il se passerait totalement, à court terme, de l’énergie atomique.

Réagissez à cet article !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers commentaires