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Trafic de coltan, à la poursuite de l’or bleu d’Amazonie

Venezuela / / Amérique du sud

Les mineurs clandestins sont toujours plus nombreux à piller le sous-sol de l’état d’Amazonas pour en extraire un minéral extrêmement prisé des entreprises high-tech: le coltan. Un marché noir parfois lié au trafic de drogue, dont les ramifications s’étendent jusqu’en Colombie.

Très riche en coltan, le sous-sol de l’état d’Amazonas se fait piller par des contrebandiers. ©Don Perucho (Flickr)

Lorsqu’en 2009, le Venezuela prend conscience de l’importance de ses ressources en tantale et en niobium, deux métaux essentiels au développement des nouvelles technologies, la réaction du président Hugo Chavez est immédiate:

Un métal stratégique nommé coltan vient d’apparaître et nous avons pris la décision d’occuper la zone militairement, car les contrebandiers sont en train de le faire passer en Colombie.

Peine perdue. Une simple recherche internet permet aujourd’hui de trouver une multitude de sociétés fantômes basées en Corée du Sud ou en Floride proposant du coltan d’origine vénézuélienne, malgré l’interdiction totale d’exploiter les ressources minières de la région.

Un trésor enfoui dans la jungle

Avant de finir sa course dans les consoles de jeu, les téléphones portables, ou même les missiles téléguidés, le coltan vénézuélien passe souvent par la Colombie ou le Brésil. L’inextricable réseau de cours d’eau qui s’étend dans ces parties reculées d’Amazonie permet aux mineurs des pays voisins d’échapper à tout contrôle et d’exporter des tonnes de minerai à bord de petites embarcations.

Car si les gisements vénézuéliens sont difficiles d’accès, le coltan s’y présente en revanche sous forme de nuggets, des petites pierres noires faciles à ramasser, d’une qualité exceptionnelle.

Abréviation de colombite et tantalite, les deux minéraux qui le composent, le coltan est la principale source de niobium et de tantale. Ces deux métaux entrent dans la composition d’alliages haute performance et sont indispensables à l’industrie électronique. En 2000, les retards de fabrication de la PlayStation 2 furent attribués à la pénurie de tantale et à la soudaine hausse des prix des métaux rares.

L’or bleu alimente guerres et trafic

Les principaux gisements de tantale se trouvent en Afrique centrale, plus particulièrement en République Démocratique du Congo (RDC). Son trafic a financé l’une des guerres les plus meurtrières de l’histoire: entre 1998 et 2000, l’armée rwandaise aurait ainsi récolté plus de 250 millions de dollars.

L’opacité du marché vénézuélien sert également les intérêts de groupes illégaux. Selon les militaires colombiens, les cartels de trafiquants de cocaïne, installés de longue date dans la région, sont de plus en plus impliqués dans le trafic de minerai.

Les médias locaux dénoncent quant à eux l’inefficacité des contrôles militaires, qui laissent les mineurs clandestins provoquer de véritables catastrophes écologiques en toute impunité.

Pour certains experts, seule une légalisation de l’exploitation du coltan au Venezuela permettra d’en finir avec ce marché noir tentaculaire. Une décision qui offrirait aux mineurs des conditions de travail et des rémunérations correctes, et rendrait enfin possible un contrôle de l’impact environnemental de cette activité.

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