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Les parents de la jeune Amina contredisent la version officielle

Maroc / / Afrique

Le Maroc fait parler de lui au sujet des Droits de l’homme. Amina s’est fait violer, puis elle a été obligée de se marier avec son violeur pour ne pas déshonorer sa famille. Elle avait 16 ans quand elle a décidé d’avaler de la mort au rat afin de mettre fin à sa vie.

Devant le tollé déclenché par ces faits, le Ministère de la justice et de la liberté annonce les conclusions de l’enquête préliminaire: Amina a été “pénétrée avec son consentement”. La relation entre Amina al-Filali et Mustafa Fallaq aurait duré plus d’un an avant qu’ils ne se marient. Le Ministère de la justice est dirigé par Mustafa Ramid, l’un des leaders du Parti dirigeant, le parti Islamiste de la justice et du développement. Pour lui:

Les lois ont été parfaitement respectées dans ce cas. Le procureur a suspendu l’enquête dès le mariage, pour le bien de la mineure et à sa demande, et à la demande de son père.

Les proches contestent

Des dizaines de Marocaines manifestent devant le parlement de Rabat, pour protester contre la cruauté de cette loi. C’est là que les parents d’Amina parlent aux médias pour contredire la version officielle du Ministère. Le père, Lahsan al-Filali, déclare:

Amina nous a raconté que Fallaq avait mis un couteau sur sa gorge et l’avait trainée jusqu’à un bois des environs pour la violer. L’examen médical l’a confirmé. Elle a donc porté plainte contre Fallaq. Il s’est même rendu à la Gendarmerie royale. Puis, le juge a décidé qu’ils devaient se marier.

De grosses pressions pour accepter le mariage

Devant les caméras de la chaîne de télé 2M, le père affirme:

Je voulais que Fallaq aille en prison. Quand le juge a décidé du mariage, je n’étais pas d’accord mais je n’avais aucun recours contre la décision de justice. J’ai refusé le mariage mais par la suite, la Cour des affaires familiales m’a appelé et m’a dit que j’étais obligé d’accepter.

La mère d’Amina, Zahra Mallim, rajoute:

Fallaq a dit qu’il l’épouserait. Et quand il l’a fait et qu’il l’a emmenée dans sa maison de famille, il l’a maltraitée, il l’a battue et il l’a laissée avoir faim.

Traumatisée par l’expérience du viol et des mauvais traitements, Amina décide de mettre fin à sa vie. Elle avale de la mort au rat dans la maison de sa belle-famille.

Une tradition qui évite la prison aux violeurs

Ce genre de mariage n’est pas rare dans la culture locale traditionnelle. Une fille qui n’est plus vierge est assimilée à une prostituée. Sa réputation est «perdue» et le mariage est censé sauvegarder son honneur.

Pourtant, la loi marocaine stipule que le viol est punissable de 5 à 10 ans de prison (jusqu’à 20 ans si la victime est mineure). Avec une amende de 18 à 45 euro.

Le code pénal marocain exempt le violeur de sentence, s’il décide de se marier avec sa victime. En cas de mariage, le violeur ne peut pas être poursuivi en justice. La décision du juge qui conclut un mariage entre violeur et victime est irréversible. Le divorce est extrêmement difficile. Le Maroc a déjà été l’objet de critiques de la part d’organisations des Droits de l’Homme.

D’autres exemples dans des articles sur les droits de la femme au Maroc:

http://www.ips.org/africa/2009/03/rights-morocco-renewed-efforts-to-end-violence-against-women/

http://www.ips.org/africa/2009/07/morocco-new-law-but-the-same-old-men/

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