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Rio+20: une conférence qui va coûter très cher aux délégations

Brésil / / Amérique du sud

Les prix pratiqués par les hôtels pendant le Rio+20, fin juin 2012, ont poussé les délégations européennes à réduire leurs effectifs d’environ 30%, selon les estimations du chef de la Section de coopération de la délégation de l’Union européenne au Brésil.

Le Rio+20 se déroulera en juin 2012. © Aforonda

D’après  Jérôme Poussielgue, en charge des réservations de la délégation de l’UE durant la conférence, les prix élevés et la vente de forfaits « tout compris » poussent les pays européens à revoir le nombre de personnes qui vont composer leurs délégations à Rio.

Je pense que les patrons d’hôtels savent qu’avec les 50 000 personnes qui vont arriver à Rio, ils vont gagner beaucoup d’argent. Les gens auront besoin de chambres, alors ils mettent des prix fous. Ils savent que ces gens pourront les payer. Mais la plupart des ambassades ont décidé de réduire le nombre d’intégrants dans leurs délégations.

Ces réductions affectent aussi des délégations non-européennes. Le Japon a réduit sa délégation de 400 à 500 personnes.

Pour nous, cette conférence est très importante. Nous voulons qu’elle obtienne des résultats concrets. Nous faisons le nécessaire pour pouvoir y assister, mais le coût est très élevé.

Vingt ans après Rio-92, la Conférence des Nations-Unies sur le Développement durable s’attend à accueillir 50 000 personnes du 13 au 22 juin 2012. Le sommet aura deux thèmes principaux: l’économie verte basée sur un développement durable et, une éradication de la pauvreté avec la création d’une matrice globale de développement durable.

Des réservations en dehors de Rio à prévoir

Selon l’ABIH (Association Brésilienne de l’Industrie Hôtelière), Rio de Janeiro totalise 33 000 chambres d’hôtel, de l’auberge de jeunesse jusqu’au cinq étoiles. Pour les délégations de Rio+20, la demande se concentre sur les hôtels de 4 et 5 étoiles, ce qui pousse les agences de tourisme à faire des réservations en dehors de la ville.

Le secrétaire du Comité national d’organisation (CNO) de Rio+20, Laudemar Aguiar, souligne que Rio de Janeiro fera office de siège temporaire de l’ONU pendant Rio+20 en plus des 193 nations invitées:

Nous devons garantir un hébergement prioritaire aux pays qui viendront. En tant que pays hôte, nous nous devons de bien les recevoir.

Une réunion a déjà eu lieu entre le ministère de la Justice, le CNO et des représentants de l’ABIH pour traiter de la « possible hausse abusive des prix pratiqués par le réseau hôtelier » pendant Rio +20:

Je ne souhaite pas me justifier, mais il existe une pratique de marché. Les prix pratiqués pendant des grands événements sont différents. En relation à d’éventuels abus, le Ministère de la Justice a déjà été saisi. Ce que nous ne voulons éviter, ce sont les abus.

Mais Alfredo Lopes, président de l’ABIH, prévient que son association « ne peut effectuer aucune ingérence sur la politique commerciale des hôtels ». Les abus existent mais ils font exception, la majorité des hôtels respectant les règles du protocole et les conventions signées.

Des réservations trop chères

12 000 réservations de délégations officielles ont été réalisées. Juin est considéré comme un mois de haute saison, avec un taux d’occupation de 95%, dont 80% pour les délégations de plus de cent pays. En mars 2012, une étude du site spécialiste en réservations hôtelières Hoteis.com, a révélé que les hôtels 5 étoiles de Rio étaient les plus chers du monde en 2011. Le prix moyen de la nuit est de 1 178 R$ (500 euros), contre 970 R$ à New York, deuxième position dans le classement.

En phase de réservation pour plus de 100 personnes, une fonctionnaire d’un consulat européen à Rio affirme que sa délégation devra payer entre 800 et 1 400 R$ par nuit et par personne.

Les prix élevés causent déjà une certaine consternation de la part des contribuables des pays européens, et les délégations s’attendent à devoir rendre des comptes des frais colossaux engagés. Jérôme Poussielgue comprend:

C’est un événement connoté développement durable. Si les journalistes apprennent que 500 à 600 euros sont dépensé par nuit d’hôtel, une mauvaise image sera véhiculée. Mais nous n’avons pas le choix, nous devons accepter les propositions des agences et des organisateurs brésiliens. Ce sera difficile d’expliquer cela aux Européens. Le problème ne vient pas des organisateurs, il est lié au standard des prix du Brésil et à la façon de travailler dans le pays.

Alfredo Lopes assure que l’ABIH incite les hôtels à être raisonnables, afin de ne pas laisser une mauvaise impression au public.

C’est le premier méga-événement d’une série que nous avons à Rio. Nous ne pouvons pas transmettre l’idée que tout le monde veut en tirer profit au maximum. Cela ne se produira pas, nous y travaillons avec le gouvernement.

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Derniers commentaires

  1. ndayisaba philbert

    il est cher mais l’impertant ni resultat attendu sur le changement climatique