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SERIE: Les candidats à l’élection présidentielle et la crise française

France / / Europe

Épisode 2 : La réalité objective de Jean Luc Mélenchon et Nicolas Sarkozy

A quelques jours de l’élection présidentielle française, Valérie Fert, présidente de Globe Expert, offre une vision différente sur celle-ci. Il ne s’agit pas d’un sondage ou d’une analyse de plus, mais de cartographies de la réalité objective. Chaque jour, jusqu’au 21 avril, retrouvez une analyse de Valérie Fert sur Green et Vert.

Qu’est-ce qu’une réalité objective ?

À l’opposé des sondages qui reflètent des opinions, c’est une photographie faite à partir de données internationales, émanant de sources multiples, complexes, à la fois structurées et non-structurées : en d’autres termes, les big data. Cette « photographie » est analysée par un système d’intelligence artificielle, c’est-à-dire sans histoire, sans passion, sans préjugé. Le résultat est parfois conforme à ce que l’on sait, mais révèle aussi des stratégies et des affinités surprenantes.

Pour cette deuxième analyse, la question soumise à Globe Expert est la suivante :

“Comment Nicolas Sarkozy et Jean Luc Mélenchon se positionnent-ils l’un par rapport à l’autre, et aussi par rapport aux autres candidats face à la crise française, au sens large du terme, et non pas seulement économique et sociale ?”.

Deux candidats qui ratissent large

Dans la réalité objective, qui n’est pas celle des électeurs, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Sarkozy, face à la question de la crise française et au regard de Globe Expert, sont les deux candidats qui présentent le plus haut niveau de convergence avec l’ensemble des autres candidats, respectivement 52,70% pour jean Luc Mélenchon et 52,12% pour Nicolas Sarkozy. Ce qui signifie que le candidat de l’UMP et celui du Front de gauche partagent la moitié de leurs centres d’intérêts, qui ne sont pas forcément des idées communes, avec les autres candidats sur la question de la crise française.

Pour cette élection présidentielle, les principaux centres d’intérêts du président sortant et du candidat du Front de Gauche sont la crise économique, le système financier, l’emploi, l’impôt, la réforme des retraites, le temps de travail… Autant de thèmes qui font écho à l’aspect socioéconomique de la crise française. Rappelons encore une fois que, si les deux candidats partagent de nombreux centre d’intérêts, leurs opinions et leurs propositions ne sont pas identiques.

En termes de théorie de l’information, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Sarkozy sont des facteurs d’équilibre du système. Politiquement, ceci traduit une « stratégie de l’abeille » : butiner les fleurs de tous les autres candidats pour en faire son propre miel.

Les jardins préférés des « abeilles » Mélenchon et Sarkozy

Dans la réalité objective, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Sarkozy butinent les fleurs des mêmes jardins, ce qui ne signifie pas que leur façon de faire le miel à partir de ce pollen est identique. Mélenchon butine principalement dans les jardins de l’extrême gauche – 84,12% de convergence avec Nathalie Arthaud (LO), 80,70% avec Philippe Poutou (NPA) – où Nicolas Sarkozy ne se prive d’ailleurs pas d’aller : 66,18% de convergence avec Arthaud, 63,49% avec Poutou.

En revanche, Nicolas Sarkozy converge peu avec Marine Le Pen (16,86%), 13,27% pour Mélenchon qui, lui-même, converge peu avec François Hollande (17,89%) et moins d’ailleurs que Sarkozy (22,74%). La volonté d’Eva Joly de sortir de la crise globale française en misant sur l’écologie et le développement durable, rencontre par ailleurs un écho relativement faible chez M. Sarkozy (33,6%) et M. Mélenchon (42, 65%)

Dernier point, les deux candidats présentent un niveau de convergence réciproque élevé, 78,67%. En l’occurrence, il s’agit du niveau de convergence le plus élevé dans le cas de Nicolas Sarkozy. Cette réalité objective, dans la perspective des flux d’informations mondiaux complexes, nuance les analyses généralement faites par la presse française. Celle-ci a longtemps mis en parallèle les populismes de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, comme leur rôle de porte-parole d’une révolte populaire s’exprimant à la droite ou à la gauche extrême, de même qu’elle a pointé le ratissage des idées du Front National par Nicolas Sarkozy. Tel n’est pas ou n’est plus la réalité. Par ailleurs, tout se dessine comme si, dans les thèmes de campagnes et l’électorat de Jean-Luc Mélenchon, un enjeu existait pour Nicolas Sarkozy, alors que les analystes français se focalisent sur le duel Sarkozy – Hollande.

D’ailleurs, qu’en est-il de François Hollande ? Réponse demain.

Valérie Fert

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