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La guêpe, un pesticide naturel et durable

Brésil / / Amérique du sud

Une nouvelle technique de contrôle des parasites évite l’utilisation de pesticides dans les plantations. Elle permet aux producteurs de faire des économies.

Les guêpes aident à supprimer les parasites naturellement. ©aussiegall (Flickr)

Ce sont des insectes minuscules (certaines mesurent moins d’un millimètre) sans dard ni venin. Ces petites guêpes se montrent efficaces pour lutter contre les parasites dans les champs, sans causer le moindre dommage à l’environnement. L’espèce s’appelle Trichogramma, elle est commercialisée par la société Bug Agentes Biológicos, de Piracicaba, dans l’Etat de São Paulo. En mars dernier, l’entreprise a été désignée par la revue américaine Fast Company comme une des plus innovantes au monde. Ceci grâce à sa technique qui consiste à créer et lâcher des milliers de guêpes dans les plantations pour réguler les parasites, diminuant voire interrompant l’usage de pesticides.

La société est née en 2000 quand Heraldo Negri et Diogo Carvalho, ses fondateurs, étaient encore étudiants en maitrise à la USP (Université de São Paulo). Ils ont décelé une opportunité après avoir constaté qu’un grand nombre de recherches scientifiques et d’études nationales et étrangères parlaient d’une nouvelle technique de lutte contre les parasites, connue sous le nom de contrôle biologique. Malgré des études prouvant son efficacité, le contrôle biologique n’a pratiquement pas été concrètement lancé sur le marché.

Bug emploie 70 personnes qui recueillent, élèvent et transforment les guêpes en un produit. Diogo Carvalho, agronome et directeur commercial de Bug, explique:

“Nous avons multiplié les guêpes en laboratoire. D’abord, nous avons produit un insecte dont nous avons stérilisé les oeufs, puis nous y avons introduit  les guêpes. Ensuite, nous l’avons emballé, comme un produit”.

Les “emballages” sont placés à des endroits stratégiques des cultures. Quand on libère les guêpes, elle partent à la recherche des larves des parasites qui menacent la production. Elles y introduisent leurs propres œufs, la larve donne alors naissance à une nouvelle guêpe prête à partir à la recherche d’autres larves parasites pour les éliminer. Il n’y a pas de risque de prolifération des guêpes dans les champs étant donné que, si les larves parasites sont éliminées, les guêpes perdent leur socle de reproduction. C’est ainsi que l’entreprise réussit à rétablir l’équilibre d’un environnement qui avait été altéré par la production agricole.

Ces guêpes sont inoffensives pour l’Homme. © quinet (Flickr)

Le résultat est positif du point de vue environnemental mais aussi économique. Les agriculteurs font des économies en utilisant moins de pesticides, tout en assainissant le sol et les eaux. Ceux qui travaillent dans les champs y trouvent aussi leur compte, n’ayant plus de produits toxiques à manipuler et ne courant aucun risque car ces guêpes sont totalement inoffensives pour l’Homme.

La technique a déjà été appliquée avec succès dans des cultures aussi diverses que le soja, le coton, les légumes, et même les fleurs. Leur utilisation majeure se fait dans les champs de canne à sucre. Carvalho affirme:

“Pour la canne à sucre, le contrôle biologique réussit très souvent à remplacer totalement les pesticides”.

Il faut lâcher environ 50.000 guêpes par hectare de plantation de canne à sucre, mais certaines plantes demandent des densités supérieures à 300.000 guêpes par hectare.

La société Cosan, un des géants de la culture de la canne à sucre au Brésil, libère chaque mois près de 130 millions de guêpes dans ses champs. Elle a un haut niveau d’efficacité et fait une économie de 35% des coûts comparés à ceux d’un pesticide agricole. Depuis que Cosan a adopté cette technique, bon nombre de producteurs encore sceptiques, ont finalement été convaincus.

La société fait partie de la liste des 50 entreprises les plus innovantes établie par Fast Company. Carvalho se réjouit:

“Nous ne savions pas que nous étions en lice pour ce classement, ce fut une surprise. Mais cela va renforcer notre crédibilité et celle du contrôle biologique”.

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