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Faut-il légaliser les drogues pour en finir avec la violence ?

/ Amérique du sud

Un nombre croissant de dirigeants latino-américains dénoncent l’échec de la politique de prohibition totale imposée par les États-Unis, et veulent explorer d’autres voies. En Amérique centrale et au Mexique, la corruption et la violence liées au trafic de drogue atteignent des niveaux insoutenables.

Pour une légalisation de la drogue en Amérique latine? © Glyn Lowe Photos (Flickr)

Otto Pérez Molina, président du Guatemala, a proposé à ses pairs une légalisation de la production de stupéfiants, au cours du VIe Sommet des Amériques, qui a eu lieu en Colombie dans la ville coloniale de Carthagène des Indes.

Ancien général ayant connu la lutte armée contre les narcotrafiquants, le président guatémaltèque déplore l’échec des politiques antidrogue en vigueur:

« Le sujet doit être débattu, car pendant que l’Amérique latine compte ses morts, les États-Unis continuent d’imposer leur stratégie. »

Depuis 2006, les morts violentes associées aux cartels de la drogue se chiffrent par dizaines de milliers en Amérique centrale, alors que les États-Unis sont le principal consommateur de drogue du continent.

Otto Pérez Molina souhaite obliger Washington à verser une compensation financière pour chaque chargement de stupéfiants saisi, lorsque celui-ci est destiné au marché nord-américain.

Dépénalisation ou légalisation ?

Le Guatemala sait que le dépénalisation totale n’a aucune chance d’être acceptée dans l’immédiat, mais considère l’ouverture de ce débat, qu’il n’est pas le seul à réclamer, comme un succès politique.

Le Costa Rica et le Panama ont assisté à cette présentation, tandis que le président colombien Juan Manuel Santos, en sa qualité d’hôte, a réussi à faire figurer l’initiative à l’agenda du sommet des Amériques.

L’Argentine devrait annoncer la création d’un projet de loi, visant à dépénaliser la possession de drogue pour consommation personnelle sur son territoire, mais ne soutient pas de manière formelle une légalisation totale.

En dépénalisant la production de stupéfiants, Otto Pérez Molina aimerait mettre fin à des situations absurdes:

« Dans la pratique, on n’envoie pas en prison tout un village de 5000 habitants qui se consacre à la production de matières premières pour les drogues. »

Le président guatémaltèque ne prendrait aucune décision unilatérale mais il chercherait à ce que l’échec de la politique antidrogue menée jusqu’à présent soit clairement reconnu:

« Nos gouvernements consacrent toujours plus de moyens [à la lutte contre les narcotrafiquants] et nous dénombrons toujours plus de victimes de la criminalité, ainsi qu’une augmentation de la corruption. C’est pourquoi nous proposons un changement. »

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