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Un colosse énergétique régional qui passe au vert

Mongolie / / Asie

L’exportation du charbon explose en Mongolie et sa capitale, Oulan-Bator est la seconde ville la plus polluée au monde… Il était temps que les choses changent, et le pays agit : première ferme éolienne et surtout, expérience unique de « bouclier de glace » pour refroidir la capitale en été.

Selon l'OMS, Oulan-Bator est la deuxième ville la plus polluée au monde. ©lhirlimann (Flickr)

La Mongolie devient peu à peu un véritable leader régional des énergies fossiles. Les exportations de charbon devraient atteindre 30 millions de tonnes d’ici 2015 et 100 millions de tonnes dès 2025. La demande est essentiellement tirée par l’appétit chinois. Un puissant voisin qui aura bientôt épuisé ses propres réserves dans le Shanxi et la Mongolie intérieure, de l’autre côté de la frontière.

La production nationale mongolienne est capable d’alimenter la Chine ainsi que la Russie et le Japon. Cela notamment grâce à l’extension de la mine de Tavan Tolgoi et ses 6,4 milliards de tonnes de réserves. L’appel d’offre international devrait permettre de pousser sa production à 20 millions de tonnes par an dès 2014.

Le gouvernement d’Oulan-Bator, seconde ville la plus polluée au monde selon l’OMS, veut aller au-delà des énergies fossiles. Fin février 2012, la construction de la première centrale éolienne du pays a commencé. Ce projet de 50 MW situé à 64 kilomètres de la capitale, devrait fournir 5% des besoins du pays. Il sera peut être la première étape sur la longue route du développement des ENR. Les hauts plateaux d’où sont descendues les troupes de Gengis Khan sont en effet très venteux. Selon des chiffres du Laboratoire national sur les énergies renouvelables américain, la Mongolie dispose d’un potentiel de 2,6 terawatts éoliens. De quoi assurer un quart de la production énergétique mondiale !

Outre ce premier pas dans l’éolien, le pays est aussi en marche pour une première mondiale. Fin 2011, une expérience grandeur nature pour créer un « bouclier de glace » autour de la capitale a été lancée. Il s’agit de créer artificiellement des « naleds » ou « Aufeis« , épaisses couches de glaces atteignant 7 mètres d’épaisseur. La rivière Toula qui traverse Oulan-Bator s’y prête parfaitement. En forant régulièrement la glace qui se forme en hiver, l’eau sous la glace remonte et gèle à son tour. Avec une épaisseur bien plus importante que la normale, la glace fond plus lentement au printemps et en été. Elle peut ainsi rafraîchir la capitale et atténuer le phénomène d’îlot de chaleur urbain. De quoi réduire l’utilisation des climatiseurs et de réguler l’offre d’eau douce pendant les été secs. Les résultats de cette expérience seront évalués lors de l’été 2012 qui approche. Elle sera peut être répétée ailleurs. L’Asie et notamment la Chine regorgent de grandes villes glaciales en hiver et torrides en été…

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