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Le mouvement d’opposition au Code forestier devient un phénomène sur les réseaux sociaux

Brésil / / Amérique du sud

Le débat sur le nouveau Code forestier brésilien est aride, technique et génère des doutes même pour ceux qui suivent le sujet dans les médias. Les équipes de communication des ONG ont réussi la prouesse de faire du sujet un des « hits » des réseaux sociaux. Sur Facebook ou Twitter, les caricatures de certains personnages connus, comme le célèbre Spoke de la série Startrek (faisant le signe du V de Véto), circulent et sont amplement relayées par les internautes.

Le Code forestier crée la polémique sur les réseaux sociaux. ©goiabarea

Tout a commencé en août 2011 quand les ONG ont utilisé le web pour informer l’opinion publique sur le projet de modification du Code forestier. Durant les votes, des spécialistes intervenaient en ligne pour expliquer les points polémiques des textes, comme la question concernant l’amnistie faite aux coupables de déforestation.

C’est à cette époque que la campagne « la Forêt fait la différence », menée par un comité réunissant plus de 200 organisations de la société civile, a été lancée. Des célébrités (acteurs, réalisateurs, mannequins) y ont participé en alertant l’opinion, via des photos et des vidéos, sur les conséquences dangereuses que le projet pouvait entrainer. Ce fut le premier pas pour tenter de populariser un thème jusqu’alors restreint aux hommes politiques, aux activistes écologistes et aux scientifiques.

Le mouvement porté par le slogan « Veta, Dilma! » (mets ton véto) a commencé en décembre 2011. Bazileu Margarido, intégrante de l’institut Démocratie et Développement Durable (IDS), une des organisations qui a lancé la campagne sur les réseaux sociaux, raconte:

« Le texte qui est sorti du Sénat était si mauvais que nous avons commencé la campagne dès le lendemain. »

La véritable répercussion s’est produite en avril 2012, avec un grand mouvement organisé pendant la Journée de la Terre (22 avril) puis, le 25, lorsque la Chambre des Députés a approuvé une nouvelle version du texte, suite aux modifications proposées par le rapporteur Paulo Piau (PMDB). Comme ironisa alors Margarido, au lieu de garder le « mauvais texte  » du Sénat, les députés ont opté pour un texte « horrible, pire encore ».

La discussion a alors fait partie des sujets les plus abordés sur Twitter. Justifiant le léger changement de stratégie, Margarido explique :

« Pour une question technique, il n’est plus possible de corriger le texte avec des vétos partiels; on ne peut plus récupérer ce qui a été supprimé, comme l’Art. 1er. »

L’objectif des ONG, désormais, est de mobiliser l’opinion publique pour que la présidente Dilma Roussef oppose son véto au projet tout entier. Le débat reprendrait alors de zéro.

Carolina Stanisci, attachée de presse de l’IDS se réjouit:

« Nous pensions que le soufflet retomberait, mais c’est l’inverse. »

Le public a multiplié les partages des divers montages humoristiques mettant en scène des personnages de fiction mondialement ou nationalement connus. Reste à savoir quelle influence cette campagne aura sur la décision finale de la présidente.

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