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Tourisme durable, un hébergement modèle à la portée de tous

Argentine / / Amérique du sud

La RSE n’est pas tant une question de moyens que de bonne volonté. C’est ce que démontre avec brio une jeune entrepreneuse, en offrant un hébergement modèle sur les plans environnemental et social, dans un modeste village situé en bordure de l’Altiplano.

L'hôtel La Posta de Lucy Vilte. © ellibertario (Flickr)

En matière de responsabilité sociale, les petites entreprises adoptent souvent des conduites exemplaires, sans juger nécessaire de le crier aux quatre vents. Dans son petit hôtel de La Posta, niché au cœur de la vallée d’Humahuaca, Lucy Vilte en apporte la preuve au quotidien.

Traductrice de formation, Lucy a pu connaître l’Allemagne grâce à un séjour linguistique, mais c’est dans la modeste province de Jujuy, son lieu de naissance, qu’elle a voulu monter son projet:

« Lors de l’échange culturel, ma famille d’accueil contrôlait tous les produits pour vérifier s’ils ne provenaient pas du travail infantile ou ne contenaient pas de pesticides. J’ai conservé une grande partie des gestes qui me paraissaient naturels en Allemagne, et je les ai adaptés. »

En 2008, Lucy prend les rênes de La Posta, petit établissement familial de 10 chambres situé dans le village de Purmarca, et développe une multitude d’initiatives sociales et environnementales. En 2011, ses efforts seront récompensés par le prix RSE de l’AmCham (la Chambre de commerce américaine).

Ni piscine, ni gazon

Avant d’en arriver là, la jeune entrepreneuse a repensé intégralement son activité pour limiter au maximum son impact écologique. Le compostage des déchets organiques lui permet de diminuer de 60% le volume d’ordures, tandis que les serviettes en tissu sont venues remplacer le papier, autre matériau présent en abondance dans les poubelles.

Dans cette région, l’aridité des vallées andines ne permet pas de gaspiller l’eau potable. C’est pourquoi à La Posta, il n’y a ni piscine, ni gazon. Pour Lucy:

« Il ne s’agit pas de tourner au fanatisme, mais de bien penser les choses et de faire preuve de pragmatisme. »

À ses employés, la jeune hôtelière fournit un uniforme en coton bio, fabriqué par une entreprise de commerce équitable, tandis que toutes les céréales utilisées en cuisine proviennent de coopératives locales.

Ses convictions et sa persévérance, Lucy Vilte les met au service de sa communauté. Pour réussir à imposer le tri sélectif des déchets à Purmamarca, elle est d’abord allée voir le maire pour lui exposer son idée, avant d’arpenter sans relâche les rues de son village:

« Nous n’avions pas d’argent pour imprimer des brochures explicatives, seulement de bonnes chaussures ! »

Le tourisme pour tous

L’autre grand combat de Lucy Vilte, c’est le tourisme accessible.

« C’est un sujet qui me touche beaucoup. Je me suis achetée un livre traitant du tourisme et du handicap, qui m’a beaucoup aidée. Il ne suffit pas de construire une rampe pour faire du tourisme accessible. »

En 2009, Lucy se met en tête de rendre Purmamarca accessible aux aveugles, et fait traduire en braille toutes les brochures ainsi que les menus des restaurants. Elle organise un circuit pour non-voyants à travers le village, qui met l’accent sur la découverte des arbres, des oiseaux, de l’artisanat, et permet de pratiquer un peu d’escalade.

Lucy a convaincu d’autres hôteliers d’imiter son initiative, et Purmarmarca compte une douzaine d’établissements dont les menus et les dépliants sont disponibles en braille.

« Quand on est petit, on ne peut compter que sur la persuasion. Mais si moi, avec une entreprise de six employés, j’y arrive, tout le monde peut faire quelque chose. »

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