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Quand l’huile de palme s’attaque à l’Amazonie

Pérou / / Amérique du sud

Censées limiter la déforestation, les cultures à haut rendement de palmiers à huile s’étendent sur des zones boisées. Une étude le l’Université de Columbia révèle l’ampleur du phénomène, qui s’est rapidement accéléré.

Une déforestation cachée. © Maholyoak

Un phénomène inversé

Premièrement destinée à l’industrie agroalimentaire et aux cosmétiques, l’huile de palme est de plus en plus utilisée pour la fabrication de biocarburants. Au Pérou, cette tendance s’est fortement accentuée depuis la promulgation d’une loi obligeant à mélanger le gazole avec 5% de combustibles d’origine végétale.

Les plantations à haut rendement permettent de produire des quantités plus importantes sur des surfaces réduites. Le Pérou estimait qu’elles provoquaient moins de déforestation que les cultures traditionnelles.

Mais une étude de l’université américaine de Columbia jette un pavé dans la mare. Elle révèle que c’est le phénomène inverse qui se produit. Víctor Gutiérrez, chercheur en écologie, évolution et biologie environnementale affirme:

« Nos résultats indiquent que 72 % de l’expansion totale des cultures de palmiers à haut rendement au cours de la dernière décennie ont eu lieu dans des zones de forêt. Près de 92 % de cette déforestation s’est produite depuis 2007. Dans la région de Pucalipa, 75 % des plantations à haut rendement s’étaient étendues en direction des forêts, tandis que ce pourcentage chute à 30 % pour les plantations de faible rendement. »

La déforestation déguisée

Dès lors qu’elles sont légèrement dégradées, les entreprises peuvent exploiter des parcelles de forêt mâture et les convertir en plantations de palmiers. Pourtant, ces zones boisées, mêmes dégradées, offrent un potentiel de stockage du dioxyde de carbone largement supérieur aux cultures d’huile de palme, en plus d’abriter une importante biodiversité.

Les plantations à haut rendement ne peuvent favoriser la préservation des forêts seulement si elles sont développées sur des terres totalement déboisées ou déjà cultivées. C’est loin d’être le cas, ce qui n’empêche pas les entreprises de chercher à ce que leurs activités soient considérées comme des actions de reboisement.

Le gouvernement promet un meilleur contrôle

La loi stipule pourtant que les cultures destinées à la production de biocarburants doivent respecter trois critères:

– Ne pas avoir d’impact négatif sur les forêts primaires;

– Ne pas avoir d’impact négatif sur la disponibilité en eau des bassins;

– Ne pas entrer en compétition avec les cultures alimentaires.

Le ministère reconnaît que ces principes ont étés violés dans le cas décrit par l’étude. Les plantations de palmiers à huile ou de jatropha (un autre oléagineux) ne peuvent être assimilées à des activités de reboisement.

Pour promouvoir les cultures à haut rendement sans empiéter sur la forêt amazonienne, le gouvernement péruvien compte dresser une carte des zones déboisées. Celle-ci présentera un potentiel pour les cultures destinées aux biocarburants. Cette initiative sera accompagnée d’une évaluation des projets en cours.

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Derniers commentaires

  1. Tumba

    c’est horrible ceux qu’ils font.On parle de déforestation mais ces personnes arrachent des vies. Une fois que les forêts sont dévastées, les animaux qui y habitaient sont perdus,ils ne savent plus quoi faire ni où aller et je suis sur qu’ils n’y pense pas