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Le travail esclave sévit aussi dans le secteur public

Brésil / / Amérique du sud

Décidément, le Brésil a bien du mal à éradiquer le travail esclave. On pourrait croire que le fléau sévit dans le secteur privé mais ce sont les chantiers du célèbre programme public «Minha Casa, Minha Vida» (Ma Maison, Ma Vie) qui sont touchés.

Dans le privé comme dans le public, le travail esclave reste présent au Brésil. © Milko Vivaldi

Des ouvriers venant du Nord

Ce programme est le plus ambitieux et le plus coûteux du PAC (Programme d’Accélération de la Croissance) lancé par Lula et poursuivi par Dilma Roussef. Il s’agit d’offrir l’accès à la propriété aux classes populaires, grâce à des constructions à bas prix et des financements adaptés aux foyers à faible revenu. Ce projet est subventionné par de l’argent public et par la banque publique Caixa Economica Federal. Il est décentralisé au niveau des municipalités qui sélectionne les entrepreneurs qui réaliseront les travaux, sous contrôle de la banque.

Les 90 ouvriers d’un chantier de la ville de Fernandópolis ont été retrouvés dans des conditions de travail esclave par des agents du Ministère Public du Travail au début du mois de mai 2012. Les agents ont été envoyés sur place après diverses constations d’irrégularités et des dénonces d’anciens ouvriers.

Des conditions précaires

L’enquête a révélé que les ouvriers travaillaient 15 heures par jour sur le chantier sans recevoir de salaire. Ils étaient payés partiellement, par des enveloppes de 40 à 100 euros, à des intervalles irréguliers. Ils ne touchaient jamais l’intégralité de leur salaire.

Les conditions précaires de logement ont fait l’objet de polémiques. Les agents ont procédé à l’évacuation des 90 ouvriers du chantier et on déclaré l’annulation de tous les contrats de travail. Ils auront le droit de toucher des indemnités de départ: chômage, 13ème mois, congés et fonds de pension.

Tous les ouvriers provenaient du Piauí et Maranhão, états pauvres situés au Nord du pays. L’attaché de presse du Ministère du Travail explique:

« Ces ouvriers sont recrutés par des sociétés intermédiaires, payées par le constructeur. Cette société va chercher les travailleurs dans des régions du Nord-Est. Ils arrivent généralement à leur destination finale dans des bus clandestins, non sans devoir s’acquitter du trajet. La plupart d’entre eux ne signent pas de contrat, contrairement à ce qui leur est promis au moment de leur recrutement. »

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