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Mal de Chagas, la maladie qui ne touche que les pauvres

Amérique latine / / Amérique du sud

Baptisé « sida des Amériques » par les spécialistes en raison de l’ampleur de l’épidémie, le mal de Chagas touche près de 10 millions de personnes, des États-Unis à l’Argentine. Une maladie oubliée, transmise par un insecte nichant dans les habitations précaires.

La vinchuca est responsable de la maladie de Chagas. © josoroma

Des problèmes cardiaques mortels

Désemparés face à la dissémination du mal de Chagas à travers le contient américain, les experts en maladies tropicales de l’école de médecine Baylor, à Houston, tirent la sonnette d’alarme. Pour Peter Hotez, l’un des auteurs de l’étude publiée dans le magazine PLoS, la situation actuelle est comparable à celle vécue au cours des premières années du sida, lorsqu’aucun traitement n’était disponible.

Tout comme le VIH, la maladie de Chagas se caractérise par une longue période d’incubation et reste très difficile à guérir. Elle peut également être transmise par la mère à son enfant au cours de la grossesse.

Le principal vecteur de la maladie est une sorte de punaise hématophage qui se nourrit de sang, baptisée vinchuca. Lors de la piqûre, l’insecte inocule un parasite unicellulaire qui se développera pendant des décennies à l’intérieur du corps humain, plus particulièrement au niveau du cœur.

Au fil des ans, les dommages occasionnés aux tissus cardiaques peuvent conduire à une cardiomyopathie et entraîner la mort.

Pourquoi la maladie s’attaque aux pauvres

Bien qu’il touche des millions de personnes, ce mal silencieux reste paradoxalement oublié, peut-être parce qu’il concerne principalement des populations pauvres rurales.

Selon Peter Hotez, si le mal de Chagas s’attaque surtout aux milieux les plus modestes, c’est très probablement parce que la vinchuca affectionne les fissures et les trous, abondants dans les habitations précaires. L’absence de fenêtres facilite également l’arrivée des insectes dans les logements.

Décrite pour la première fois par le médecin brésilien Carlos Chagas en 1909, la maladie connaît aujourd’hui une évolution inquiétante et se propage rapidement en Bolivie, en Colombie, au Mexique et en Amérique centrale. Les États-Unis ne sont pas épargnés, avec quelques 300 000 cas détectés.

Le remède : l’éradication de la misère

Deux traitements sont disponibles à l’heure actuelle, mais leur efficacité est très limitée lorsque la maladie atteint un stade avancé, notamment quand les problèmes cardiaques se manifestent.

De plus, ces médicaments sont extrêmement toxiques et obligent souvent les patients à abandonner les traitements lorsqu’ils ne peuvent plus les tolérer.

En Suisse, un organisme s’emploie à améliorer l’efficacité de ces thérapies, tandis que l’école de médecine Baylor tente de mettre au point un vaccin capable de détruire les parasites présents dans le cœur des malades.

Malgré tout, Peter Hotez rappelle que la maladie de Chagas est une maladie liée à la pauvreté. La meilleure manière de l’éradiquer consisterait à améliorer les conditions économiques des populations qui en souffrent.

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