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Manger trop de singe nuit à la biodiversité et à la santé

Cameroun / / Afrique

Les Camerounais sont friands de viande de singes. Les scientifiques affirment pourtant que certains d’entre eux sont porteurs de virus mortels transmissibles aux humains.

La viande des gorilles est très appréciée au Cameroun. © mononom (Flickr)

Au Cameroun, les braconniers de singe ne manquent pas de clients. Ils en tuent tellement qu’ils éradiquent des espèces très menacées. 80% de la viande mangée au Cameroun est du gibier sauvage. Les viandes préférées des Camerounais sont celles du gorille et du chimpanzé pour leur chair succulente et tendre. Environ 3 000 gorilles sont massacrés dans le sud du pays chaque année pour répondre à la demande, illégale, mais bien présente.

Un braconnier de la réserve Dja Wildlife explique que s’il tue ces singes, c’est qu’il en tire environ 80 euros par gorille adulte:

« Je dois bien gagner ma vie. Les femmes viennent au marché et commandent un grand singe. Alors je vais en tuer un pour elles ».

De nouveaux problèmes de santé

Ces forêts humides abritent la tribu des Baka, qui sont traditionnellement des chasseurs. Felix Biango, un Baka, raconte que le village ne chasse plus de gorilles pour se nourrir car c’est illégal depuis 10 ans.

Il avoue pourtant que les villageois tuent toujours des singes pour faire du commerce. Et s’ils en trouvent un mort, ils le mangeront:

« Dans le village de Bakaklion, nos voisins ont trouvé un gorille mort. Ils l’ont mangé. 25 personnes en sont mortes. La seule rescapée est une femme qui n’a pas mangé de viande ».

De nouvelles craintes ont fait surface. Même si les Camerounais mangent de la viande de primates depuis toujours, c’est devenu un problème de santé publique. ¾ des nouveaux virus humains connus viennent des animaux. Les scientifiques sont pratiquement sûrs que le virus d’immunodéficience humaine (VIH) vient des chimpanzés. Ils portent aussi le virus de l’Ébola, de l’anthrax, de la fièvre jaune et d’autres encore inconnus.

Babila Tafon, le vétérinaire en chef du sanctuaire pour primates Ape Action Africa (AAA), près de Yaoundé, pense que l’incident à Bakaklion pourrait avoir été causé par l’Ébola. Cela reste une supposition car il n’y a pas eu de tests.

« Plus on mange de singes, plus on expose le reste du monde à un nouveau virus »

AAA a recueilli 22 gorilles et une centaine de chimpanzés, tous des orphelins. Mr Tafon a fait un test sanguin sur tous. Il a trouvé un virus simien mousseux qui est très proche du VIH.

« On a trouvé ce virus dans le sang de chasseurs. On l’attrape par une morsure, une griffure ou quand le sang du singe entre en contact avec une blessure ouverte ».

Le Centre Pasteur de Yaoundé recherche des virus et donne l’alerte s’il trouve des souches peu communes.

Le directeur du centre, le professeur Dominique Baudon, est très inquiet par l’export de gibier dans le monde. 11 000 tonnes de gibier africain entrent illégalement au Royaume-Uni chaque année. Pour le professeur, plus on mange de singes, plus on expose le reste du monde à un nouveau virus.

Au refuge pour singes, on essaie de garder espoir pour les derniers grands singes du pays: un bébé singe orphelin a lutté plusieurs mois avant de reprendre goût à la vie, certains se laissent mourir. AAA est un peu dépassé par le nombre croissant de singes qu’il reçoit. Le centre ne pense pas que les singes seraient en sureté s’ils étaient replacés dans la forêt tropicale du Cameroun.

 

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