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Le sommet de Rio expliqué aux amateurs de sport

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Le sommet de Rio expliqué aux amateurs de sport

Roland-Garros, Euro 2012, Tour de France et Jeux Olympiques, mais pourquoi les Nations Unies ont-elles choisi d’organiser leur grande Conférence sur le Développement Durable (Rio+20) en ce début d’été 2012 ? Il semble qu’elles auraient difficilement pu choisir plus mauvais moment pour focaliser l’attention de la société et des médias sur un sujet aussi important que le développement durable.

Le Tour de France partagerait des similitudes avec le Rio+20.© charel_irrthum (Flickr)

Plutôt que de nager à contre courant, parlons donc sport. La coupe d’Europe de football n’offrant pas de comparaison particulièrement aisée, je préfère invoquer le Tour de France qui envahira nos écrans dès le 30 juin 2012. Que serait un Tour de France sans ses sommets qui font et défont chaque année les vainqueurs ? Bien souvent, le cycliste qui traverse les Champs-Élysées en jaune doit son sacre à une ascension réussie dans les Alpes ou les Pyrénées.

Tour de France-Rio+20, même combat

Les sommets de la Terre tiennent peu ou prou un rôle similaire dans la course vers un nouveau modèle de croissance. Engager un pays ou une communauté sur le chemin d’un développement soutenable requiert une attention de tous les instants et une véritable vision politique. Quelques soient les étapes traversées, il est nécessaire de maintenir le cap et de continuer à une allure constante. Le résultat final est défini surtout et avant tout par une performance continue et régulière. Et pourtant, la traversée des cols fournit des moments particulièrement intenses permettant de confirmer ou de menacer l’ensemble de la performance. Les sommets offrent aussi une occasion de concentrer tous les regards sur le travail de fond exhaustif mais indispensable.

La longue et pénible traversée d’un sommet

La traversée d’un sommet, c’est aussi une longue et parfois pénible ascension. Le sommet de Rio en est un parfait exemple, puisqu’il aura fallu des dizaines de réunions et des milliers d’heures de négociations pour préparer le terrain avant les trois jours de discussions au plus haut niveau attendus du 20 au 22 juin 2012. Cela fait depuis 2010 que la communauté internationale a engrangé les débats sur ce que le développement durable pourrait être en ces temps de crises; ainsi qu’identifié les opportunités pour une transition plus juste et équitable. Il aura aussi fallu six mois de négociations laborieuses pour affiner ce qui pourrait ressembler d’ici la fin du sommet à une vision commune.

D’ailleurs, le passage du sommet ouvre la perspective d’une longue descente. Quelque soit la hauteur du col ou le niveau d’ambition d’un sommet, celui ci doit ensuite être transformé. L’énergie dépensée pour gagner en hauteur peut alors être relâchée pour accélérer, aller de l’avant et redescendre à des niveaux plus bas, à la condition que l’on sache éviter les embûches. Dans les mois et les années suivant la conférence de Rio+20, la mise en œuvre des décisions et principes adoptés à Rio seront la clé pour faire de ce processus un succès.

Le Rio+20 est l’affaire de tous

Cette longue ascension est aussi un moment privilégié pour l’ensemble des participants de la « caravane ». Le rôle des supporteurs et observateurs est particulièrement important pour redonner un nouveau souffle aux participants et les pousser de l’avant. C’est aussi (et peut-être surtout) une opportunité pour les membres de cette caravane de se retrouver et d’échanger leurs expériences et leurs visions à la marge de la compétition principale, localement mais aussi autour de chaque session de négociations aux Nations Unies. Le sommet des peuples de Rio compte parmi ces évènements stimulant de tels échanges.

Le slogan choisi pour la conférence renvoie au « futur que nous voulons ». Les jours qui viennent ne représentent donc que la partie la plus visible de l’ensemble de cet exercice dont les autres étapes sont toutes aussi importantes. Au lendemain du Rio+20, c’est à chacun d’entre nous d’agir pour qu’un jour nous n’ayons plus à traverser péniblement ces sommets !

Sébastien Duyck

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