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L’Uruguay s’apprête à légaliser le cannabis pour lutter contre le crime

Uruguay / / Amérique du sud

Le ministère de la Défense uruguayenne compte faire de la légalisation de la marijuana l’un de ses chevaux de bataille au niveau de la politique extérieure du pays. L’État assurera lui-même la production et la vente, mais n’autorisera pas les cultures individuelles.

Le gouvernement uruguayen compte sur la légalisation du cannabis pour calmer les tensions et la corruption en Amérique centrale. © muyuy74 (Flickr)

Légaliser les drogues pour faire cesser la violence

Il y a peu, le président guatémaltèque déplorait l’échec de la politique mondiale de répression et proposait à ses pairs américains de légaliser toutes les drogues pour mettre un terme à la violence sans bornes qui secoue l’Amérique centrale et le Mexique.

Une position plutôt extrême, qui semble néanmoins avoir retenu l’attention de l’Uruguay puisque cette petite nation sud-américaine devrait être la première à autoriser la vente de cannabis sur son territoire.

Un projet de loi va être soumis au parlement

Au cours d’une conférence de presse, le gouvernement a annoncé qu’un projet de loi légalisant la vente de cigarettes de marijuana serait soumis au parlement.

Eleuterio Fernández Huidobro, le ministre de la Défense, justifie cette mesure en expliquant qu’elle permettra de lutter plus efficacement contre le trafic et le commerce illégal de stupéfiants.

Le fonctionnaire critique ouvertement la politique des États-Unis en rappelant que c’est « une décision erronée du président Nixon (interdisant la vente de cannabis) qui a été à l’origine du désastre. Il a déclaré une guerre dont les narcotrafiquants ont été les vainqueurs ».

Plusieurs projets étudiés par le parlement prévoient d’autoriser la culture de plantes de cannabis par les particuliers, mais le ministre estime qu’il faudra attendre pour cela que « la consommation soit légalisée de manière générale au niveau international ».

L’État responsable de la production

Le gouvernement préfère décider lui-même des modalités de production du stupéfiant. Pour Julio Calzada, secrétaire général du Comité national des drogues, c’est l’État qui devra s’en charger, même si le recours à des producteurs tiers n’est pas exclu dans le futur.

Eleuterio Fernández Huidobro craint néanmoins les répercussions que l’initiative pourrait avoir dans la région:

« Nous devons prendre des mesures pour ne pas affecter les pays voisins. Afin que nous ne soyons pas accusés d’être un centre de fabrication et de distribution de drogues. C’est pourquoi il nous parait préférable que l’État garde le contrôle de la production ».

Une légalisation qui empêchera la corruption

Chaque année, le commerce illicite de marijuana génère environ 75 millions de dollars en Uruguay et implique entre 120 00 et 150 000 personnes. Un tiers de cette somme entrerait dans les circuits de blanchiment d’argent.

Le ministre de la Défense estime que ce projet permettra d’agir avant qu’il ne soit trop tard:

« Toute cette combinaison tragique de corruption, d’enrichissement, de capacité d’influence et de substitution à l’État à laquelle nous assistons avec dramatisme dans d’autres pays d’Amérique latine, c’est cela que nous voulons éviter ici, en Uruguay ».

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