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Rio+20: Donner une voix aux générations futures

Brésil / / Amérique du sud

La conférence de Rio+20 aura fourni une opportunité unique à la communauté internationale et à la société civile. Cette opportunité consiste à prendre du recul et à considérer les progrès accomplis et les efforts additionnels requis dans la mise en œuvre du développement durable.

© Leila Mead/IISD

Le développement durable : un incontournable des débats de société

Depuis le sommet de la Terre organisé en 1992 à Rio, le concept de développement durable s’est imposé comme incontournable dans tout débat de société.  Pour définir ce concept, il y a deux approches. La première renvoie à la nécessité de considérer la dimension économique, sociale et environnementale de toute décision. La seconde invoque la notion d’équité intergénérationnelle. En 1988, le rapport de la commission mondiale sur l’environnement et le développement définissait ainsi le développement durable comme étant:

« un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

Des décisions pensées à court terme

En pratique, cette notion semble néanmoins plus difficile à mettre en œuvre car nos décisions sont façonnées par l’importance de présenter des intérêts à court terme : cycles électoraux pour les représentants élus ou bilan trimestriel dans le secteur privé. Dans ce contexte, les négociations qui ont préparées la conférence de Rio ont permis au cours des 12 derniers mois de discuter de solutions pratiques permettant de donner une voix aux générations futures. Ceci est rendu possible grâce aux pays Européens et aux nombreuses ONGs qui soutiennent l’idée de créer un ombudsman pour les générations futures. Cette personne aurait la mission de représenter les intérêts des générations futures au sein des Nations Unies, en s’intéressant aux conséquences à long terme des actions de l’ONU et en offrant une médiation entre différents acteurs si besoin est.

Un ombudsman pour les générations futures

Comme certains pays considèrent que cela ne ferait qu’ajouter une institution supplémentaire au sein des Nations Unies, sans réelle influence, le document final ignore cette proposition. Il invite simplement le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, à rédiger un rapport sur ce sujet. Réagissant à ce manque d’ambition du document, Alice Vincent, jeune militante Anglaise qui représente sur cette question les jeunes impliqués dans le processus, commente:

« Je crois fermement qu’un document résultant de Rio +20 qui ne comprendrait pas la création d’un tel défenseur des intérêts des générations futures ne serait pas digne du titre « L’avenir que nous voulons » (titre donné au document par les nations unies). »

En dehors de la déclaration finale de Rio+20, l’intérêt principal de la conférence réside peut-être avant tout dans les échanges et dialogues qu’elle aura favorisés entre gouvernements, experts et membres de la société civile. Indépendamment du résultat des négociations, la conférence a permis de susciter un regain d’intérêt pour des solutions qui, comme dans le cas de la création d’un ombudsman pour les générations futures, peuvent fonctionner aux niveaux national et sub-national.

Certains pays ont déjà pris rendez-vous après la conférence pour poursuivre cette discussion et considérer éventuellement la création d’un ombudsman au niveau national. Maija Sakslin, médiatrice parlementaire de la Finlande, a aussi insisté sur l’opportunité de travailler avec les institutions qui existent déjà dans certains pays mais dont le mandat ne renvoie pas directement à la question de la solidarité entre les générations. Elle affirme:

« Je pense qu’il faudrait nous convaincre, nous médiateurs existant déjà à travers le monde, que nous devons sauvegarder les droits des générations futures ».

Quelque soit le résultat de la conférence de Rio, états et société civile peuvent encore faire en sorte que le rendez-vous ne soit pas complément manqué en assurant un suivi au niveau national dans les mois qui viennent, sur cette proposition comme sur beaucoup d’autres sujets.

Sébastien Duyck

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