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CO2, le poids de l’héritage

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Nous avons dépassé début juin 2012 le seuil de concentration de 400 ppm de CO2 dans l’atmosphère, dans l’indifférence quasi-générale. Ce n’est pas une surprise, c’était annoncé depuis longtemps et résulte des émissions de gaz à effet de serre d’il y a plusieurs années, dont l’effet se fait sentir maintenant.

Au fond, c’est vrai, il n’y a pas grand-chose à en dire.

On sait qu’atteindre les 400 ppm était joué depuis longtemps.

On sait qu’au cours du vingtième siècle, la température moyenne a augmenté de 0,74°C (dont la moitié au cours des 20 dernières années).

On sait que le « commitment scenario » du GIEC, décrit comme le scénario de l’inévitable, prévoit une augmentation d’un degré de plus.

On sait donc que la probabilité de ne pas dépasser les 2°C d’augmentation moyenne de la température est très faible.

On sait que si le rythme des émissions se maintient, nous atteindrons 500 ppm en 2050 – soit une augmentation prévisible de 3 à 4°C des températures (pour commencer).

On sait que nous arriverons très probablement à des niveaux d’augmentation de la température où les effets de seuils, imprévisibles, irréversibles et de grandes ampleurs ne sont pas à exclure.

Tout cela, on le sait.

La phase de prise de conscience est maintenant derrière nous. Les dirigeants, qu’ils soient politiques ou économiques, connaissent une réalité du changement climatique. Pourtant, les changements et les adaptations sont encore beaucoup trop lents pour espérer faire face aux enjeux dans de bonnes conditions.

Il faut revoir en profondeur et à un niveau global nos priorités de consommation et les modes de production. On parle ici d’un changement comparable à la réorientation totale de l’industrie américaine lors de la Seconde Guerre mondiale, où en quelques mois de temps, l’outil de production a été adapté pour produire les tanks, les bateaux ou encore l’armement nécessaire à un pays engagé dans une guerre mondiale. Il est tentant d’imaginer qu’il serait possible de reproduire cette réorientation industrielle majeure. De même qu’on pourrait penser que la capacité du peuple américain ou du peuple britannique à se serrer la ceinture pour permettre l’approvisionnement des troupes en nourriture serait transposable.

C’est oublier que la guerre d’alors – mondiale et contre un ennemi identifié et liberticide – a imposé ses contraintes et, de fait, suscité une solidarité qui n’existe pas aujourd’hui. C’est oublier que le confort actuel n’a rien à voir avec les habitudes de consommation d’il y a 70 ans et qu’amener les uns et les autres à se restreindre sera autrement plus compliqué aujourd’hui. C’est oublier enfin qu’aussi atroce et décourageante qu’elle ait pu être, la Seconde Guerre mondiale n’était pas vouée à durer plus que quelques années – alors que c’est un combat à durée illimitée qui s’engage contre le changement climatique.

La situation est assez différente et il ne suffit pas de se dire « on peut le refaire »; pourtant l’ampleur de la réaction et son urgence restent de mise.

Si nous souhaitons conserver les acquis de la civilisation, nous ne pouvons pas rester indifférents à ces 400 ppm de CO2.

Si nous souhaitons conserver les acquis de la civilisation, nous ne devons pas rester dans l’immobilisme actuel qui limite de plus en plus nos possibilités de protection et d’adaptation.

Face à ces héritages, il faut résolument changer les règles. Il faut que le cadre réglementaire, qui définit le jeu économique et social, passe de négatif pour l’environnement, à positif. En d’autres termes, il faut que les entreprises n’aient plus à se poser la question de leur responsabilité dans la création du profit: il faut que création de profit et restauration du climat soient alignés.

C’est dans le changement de ces règles qu’est le cœur du sujet, le reste relève de l’anecdotique.

 

Maximilien Rouer

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Derniers commentaires

  1. très bon papier!