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Bilan de Rio+20 et de son document final “Le futur que nous souhaitons”

Brésil / / Amérique du sud

Pour l’économiste José Eli da Veiga, la conférence de Rio+20 a été si usante que l’ONU va y réfléchir à deux fois avant d’en organiser une autre ! En 2015, l’Assemblée Générale de l’ONU va devoir adopter les Objectifs du Développement Durable (ODS). Dès aujourd’hui une commission de 30 personnes aura la fonction d’établir quels indicateurs ou critères à utiliser pour un développement durable. C’est une décision importante qui figure dans le texte de Rio+20 et qui, d’après l’économiste, est certainement l’avancée la plus positive du sommet.

José Eli da Veiga, économiste, donne son avis sur le bilan de Rio+20. © Elza Fiúza (Agência Brasil)

Des thèmes qui affrontent de fortes résistances

José Eli da Veiga affirme que malgré la déception générale, il y a beaucoup de choses importantes qui peuvent servir d’instrument de pression sociale. Les deux grands thèmes que sont économie verte et la transformation du PNUMA (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) en agence, ont affronté de fortes résistances. Le principe du consensus dans ce genre de sommet ne facilite pas les choses.

L’eau et l’énergie ne font pas partie du document final

L’économiste cite la question des océans comme la grande déception de la conférence. Autant à Stockholm, en 1972, pour le premier sommet de l’environnement, les preuves scientifiques n’étaient pas suffisantes pour donner de l’importance aux océans. Aujourd’hui tout le monde sait que le rôle des océans est plus important que celui des forêts dans la régulation thermique de la planète. Or, à la dernière minute, une phrase a été retirée du texte final. Elle proposait de faire un traité sur les eaux internationales. Les océans resteront donc hors de toute souveraineté internationale.

Il s’est passé la même chose avec l’énergie : la proposition de Ban Ki- moon (secrétaire-général de l’ONU), de fournir de l’énergie durable pour tous a été entérinée mais les chiffres ont été retirés du texte final. Le texte initial disait que 1,4 milliard de personnes n’avaient pas accès à l’énergie et qu’elles en avaient désormais le droit. Cette partie est restée, mais l’objectif chiffré visant à doubler la part d’énergie renouvelable dans la matrice énergétique d’ici à 2030 a été retiré. Pas d’engagement sur des chiffres donc.

Il y avait aussi une proposition plus audacieuse encore, visant à supprimer les subventions aux énergies fossiles. Elle a été retirée sous la pression de l’Inde notamment. L’Inde estime avoir besoin des fossiles pour apporter de l’énergie jusqu’aux populations les plus pauvres du pays. Derrière l’Inde, se trouvent aussi en ordre rangé tous les pays de l’OPEP… Conclusion : le thème de l’énergie a beaucoup moins avancé que prévu, alors que les Etats-Unis étaient apparemment prêts à céder cette fois-ci.

Le PNUMA ne deviendra pas une agence

Autre mauvaise nouvelle : le PNUMA ne deviendra pas une agence, même si sur le fond, le texte possède un chapitre appelé Pilier Environnemental qui, s’il venait à être appliqué, obtiendrait de bons résultats. Le fond du problème est encore une fois financier, car si le PNUMA devait devenir une agence, il serait financé par 193 pays contre 60 aujourd’hui et certains ne veulent pas mettre la main à la poche.

Le développement durable se transforme en un paradigme sous tous ses aspects

Pour José Eli, l’avancée la plus positive est la mise en place de cette commission de 30 personnes qui vont travailler pendant 3 ans pour définir les critères et les indicateurs de Développement Durable. Si tout se déroule comme prévu et qu’en 2015, l’ONU valide les orientations, ce sera une grande avancée. C’est ainsi que le chef de la délégation du Brésil, André Correa do Lago, résume cette issue positive:

« Le principal est d’avoir fait en sorte que le développement durable se transforme en un paradigme sous tous ses aspects – social, environnemental et économique ».

L’économiste estime que ce sommet a été si usant que l’ONU risque de réfléchir à deux fois avant d’en organiser un autre. Le sommet de Johannesburg, en 2002, n’avait pas été bon non plus, mais il arrivait à un moment historique compliqué, peu après les événements du 11 septembre 2001. Contrairement au sommet de Rio de 1992, celui de 2012 a été convoqué sans qu’aucun traité ou convention nouvelle ne soit en préparation. Il n’y avait donc pas grand-chose à attendre d’une déclaration ayant si peu d’application si ce n’est de la considérer comme un point de départ.

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