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Vers du soja certifié, sous pression de l’Europe

Argentine / / Amérique du sud

Après le bois, c’est au tour du soja de faire l’objet de labels garantissant la gestion durable des parcelles d’exploitation. Les importateurs européens sont près à payer plus chers pour des agrocarburants produits sans encourager la déforestation.

© floratakasata

Après les biocarburants, les farines ?

Premier exportateur mondial de biogazole, produit à partir de graines de soja, l’Argentine fait face à de nouvelles exigences de traçabilité des matières premières.

Pour satisfaire aux normes environnementales européennes, les négociants argentins proposent de meilleurs prix d’achat aux agriculteurs, s’ils respectent les critères de durabilité.

La tendance concerne le soja destiné à l’élaboration de biocarburant. Les spécialistes estiment qu’elle pourrait rapidement s’étendre à tout le secteur, l’Europe important d’autres sous-produits, comme la farine de soja.

À la Bourse de commerce de Rosario, l’un des principaux pôles mondiaux du commerce de céréales, les firmes productrices de biocarburants offrent 4 dollars de plus par tonne de soja certifié. Un investissement rentabilisé, grâce aux prix de vente supérieurs pratiqués auprès de clients comme l’Allemagne, la France ou la Hollande.

Date limite de déboisement

Seules 400 000 à 500 000 tonnes de soja ont été certifiées en 2012, pour une production totale de 41,5 millions de tonnes. Mais chez Vicentin, une entreprise élaborant et exportant du biogazole, ces exigences devraient rapidement concerner l’ensemble du marché.

Pour pouvoir prétendre à la certification, le principal critère considéré est la date de mise en production des parcelles. Elle ne doit pas être postérieure à 2007. Le soja produit sur des terres où poussait une végétation originelle (comme les forêts primaires) après cette date ne peut pas obtenir le label, afin de ne pas encourager la déforestation.

Les émissions de gaz à effet de serre nécessaires à la production des biocarburants doivent être inférieures à celles que libéreraient les combustibles fossiles auxquels ils se substituent.

Les primes devront compenser les coûts

En Argentine, la majorité des zones productrices sont consacrées à l’agriculture depuis le siècle dernier et sont presque toutes éligibles à la certification.

Pourtant, la démarche ne fait pas l’unanimité parmi les producteurs. Pour le géant du soja El Tejar, une entreprise totalisant près de 700 000 hectares répartis en Argentine, au Brésil, en Uruguay, au Paraguay et en Bolivie, la demande est encore trop peu importante:

« La décision de certifier ou non va dépendre de l’attractivité de la prime qui sera versée pour cette différenciation. […] Certifier le soja selon ces critères de traçabilité implique une augmentation des coûts. »

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