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10 ans de prison pour avoir emprunté un téléphone, une justice à deux vitesses ?

Chine / / Asie

Une employée de maison à Zhengzhou dont le patron devait plusieurs mois de salaire a pris son téléphone pour le forcer à la payer. Résultat des courses, l’employeur l’a poursuivie en justice et la femme a été condamnée à 10 ans de prison. Un jugement qui fait du bruit.

Elle vole le téléphone de son patron pour enfin recevoir son salaire. © Dominik Syka

Pas de salaire pour Zhang Yun

« La tragédie des pauvres en Chine continue ». « Le juge doit être corrompu par l’accusateur. Ou bien est-ce que la justice est là seulement pour protéger les riches ? » Voilà le genre de commentaires des articles relatant la triste histoire de Zhang Yun, employée de maison à Zhengzhou (province du Henan).

Cette femme de 47 ans, qui vient d’un petit village à plusieurs centaines de kilomètres de la capitale provinciale, est entrée au service de Monsieur Su, entrepreneur à Zhengzhou, en octobre 2011. Alors que son salaire (1 800 yuans par mois, environ 223 euros) est censé être réglé tous les dix jours, elle n’a rien touché au bout de 44 jours de travail. A chaque fois qu’elle le réclame, Monsieur Su lui répond:

« On verra ça au nouvel an chinois ».

Elle cache le téléphone de son patron

Un jour, Madame Zhang a donc pris le téléphone portable de son patron et l’a caché.

« Il me devait 4 000 yuans, moi je pensais que ce téléphone en valait 2 000. Je voulais m’en servir, et le remettre à sa place quand il me paierait ».

Grave erreur. Le téléphone, de la marque de luxe Vertu, vaut plus de 60 000 yuans (environ 7 460 euros). La femme de Monsieur Su soupçonne tout de suite l’employée et avertit la police qui retrouve le portable dans ses affaires. Après un rapide procès, Madame Zhang est condamnée à une amende de 20 000 yuans, et surtout à… 10 ans de prison ferme.

Un jugement excessif

Yu Jianrong, responsable du bureau des questions sociales rurales à l’académie des sciences sociales, s’est publiquement indigné de la violence de l’employeur et encore plus de l’iniquité du jugement. Depuis, les réseaux sociaux reprennent en masse cet événement. Un avocat réputé de Zhenghou a déjà proposé ses services – gratuits – à Madame Zhang pour la défendre en appel. Il est vrai qu’avec ses 1 800 yuans mensuels –non payés-, elle n’a pas disposé d’une brillante défense en première instance. Son avocat s’est notamment longuement étendu sur l’illettrisme de la dame et son ignorance totale de la loi pour demander une peine légère. Une stratégie qui n’a pas vraiment fonctionné et qui devrait être remplacée par une méthode bien plus agressive. Les internautes chinois semblent espérer que le patron soit condamné pour non respect d’une relation salariale, et la femme acquittée.

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