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L’importance des circuits courts pour une alimentation saine et riche en fruits et légumes

France / / Europe

Les trois quarts des Français ne respectent pas la recommandation officielle du Programme National Nutrition-Santé (PNNS) du gouvernement de manger au moins cinq portions de fruits et légumes différents par jour. Or fruits et légumes jouent un rôle protecteur dans la prévention de maladies apparaissant à l’âge adulte, comme les cancers, les maladies cardiovasculaires, l’obésité, le diabète.

Les Français ne mangent pas assez de fruits et légumes. © muammer

Manger cinq fruits et légumes par jour ne suffit pas : au-delà de la quantité, il faut aussi se poser la question de leur qualité nutritionnelle. En effet, pour jouer pleinement leur rôle, les fruits et légumes devraient être consommés rapidement après leur récolte et subir le minimum de process post-récolte possible, car leur valeur nutritionnelle, principalement leur contenu en vitamines,  décroît avec le temps à un rythme plus ou moins élevé selon leurs conditions de récolte, de stockage et de transport.

Ce constat d’une nécessaire augmentation de la consommation de fruits et légumes de proximité pour une meilleure santé du consommateur souligne le besoin de développer leur vente en circuits courts. Les circuits courts, caractérisés par deux grands types de commercialisation : la vente directe du producteur au consommateur et la vente indirecte via un seul intermédiaire, visent à répondre à une exigence grandissante des consommateurs de produits de terroir, de saison, sains, de qualité, préservant l’environnement et restaurant le lien social entre consommateur et producteur. Si l’intérêt économique, sociétal et environnemental des circuits courts est réel, ceux-ci peinent encore à peser en termes de parts de marché (on estime à 7% seulement le volume des fruits et légumes aujourd’hui distribués via des circuits courts) et font face à un certain nombre de freins à lever : logistique, économique, marketing, environnemental et à la formation.

Pour accompagner le développement des circuits courts de la manière la plus homogène possible sur le territoire afin, notamment, de réduire les coûts de logistique et de transport, on peut penser que le profil des exploitations françaises évoluera dans les prochaines années. En effet, aujourd’hui en France, les zones de grandes cultures (Bassin parisien, Beauce, …) et les zones d’arboriculture-maraîchage (Sud-Est, Poitou-Charentes,…) sont bien distinctes. Très peu d’exploitations spécialisées en grandes cultures se diversifient en arboriculture ou maraîchage et associent sur un même territoire ou une même parcelle cultures annuelles et pérennes…. Or, cela aurait du sens d’un point de vue économique comme environnemental et contribuerait à multiplier les exploitations profilées pour les circuits courts.

La consommation annuelle de fruits et légumes (frais et transformés) des Français ces dernières années est de 6,4 millions de tonnes. Pour respecter l’objectif du PNNS, elle devrait être de 10,7 millions de tonnes. Il faudrait donc consommer 4,3 millions de tonnes supplémentaires, dont on peut estimer que la moitié pourrait être produite en France. Ce sont donc 2,1 millions de tonnes qui pourraient avantageusement être produites en circuits courts, soit 25% du volume total de fruits et légumes produits actuellement en France. Ainsi le développement en France des circuits courts pourrait soutenir l’approvisionnement en fruits et légumes de qualité afin d’atteindre pleinement cet objectif du PNNS. Dans ce dossier de santé publique, il serait en effet dommage de ne regarder que la quantité sans se soucier de la qualité.

Catherine Golden

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Derniers commentaires

  1. soleilnoir

    Attention à ne pas confondre non consommation et production, quand vous écrivez « Ce sont donc 2,1 millions de tonnes qui pourraient avantageusement être produites en circuits courts ».

    Il faut prendre en compte qu’une grande partie des fruits et légumes produits sont tout simplement jetés, alors qu’ils sont tout à fait consommables.

    C’est sans doute cela le vrai scandale !

  2. Norbert

    On dit « transformations » et non « process » post-récolte