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Guerre de l’or, guerre de l’eau, trois opposants au projet Conga perdent la vie

Pérou / / Amérique du sud

Les violents affrontements entre écologistes et forces de l’ordre ont conduit le président péruvien à déclarer l’état d’urgence dans trois provinces du pays. À Cajamarca, les habitants s’opposent depuis plusieurs mois à l’exploitation d’une mine d’or menaçant leurs réserves d’eau.

Le président péruvien, Ollanta Humala, a déclaré l'état d'urgence. © Presidencia Perú

Matraquage mortel

Trois personnes ont perdu la vie et au moins vingt autre ont été blessées après les affrontements survenus dans la ville de Celendín. Révoltés par l’attitude des autorités municipales, qui soutiennent le projet de mine d’or, plus d’un millier de manifestants ont décidé de prendre d’assaut l’hôtel de ville. Aux jets de pierres, les agents antiémeutes ont répondu par des gaz lacrymogènes et un recours disproportionné au matraquage.

Officiellement, comme l’explique le procureur Esperanza León:

« Le bilan est de trois morts, dont une personne mineure (17 ans). On compte également 20 blessés et 15 détenus ».

Du côté des forces de l’ordre, deux policiers auraient été blessés par balle après avoir essuyé des tirs des manifestants.

Face à cette tragédie, le gouvernement d’Ollanta Humala a décrété l’état d’urgence dans trois provinces de la région de Cajamarca et a déployé les forces armées dans la zone.

Durant 30 jours, les militaires seront chargés d’appliquer cette mesure, qui restreint notamment le droit aux réunions, l’inviolabilité des domiciles, ainsi que la libre circulation des personnes.

La mine assèchera quatre lacs

Une partie importante de la population de Cajamarca rejette en bloc le projet de la compagnie minière américaine Newmont, dont la filiale locale Yanacocha compte exploiter une mine d’or située dans les hauteurs de la Cordillère.

L’extraction du précieux métal implique l’assèchement de plusieurs lacs de montagne destinés à l’approvisionnement en eau potable de la région, et les habitants craignent une pénurie ou une pollution des ressources.

Sous la pression des écologistes et de la société civile, l’entreprise Yanacocha s’était engagée il y a peu à construire quatre retenues afin que la population dispose de réserves d’eau suffisantes. Le premier de ces bassins devrait voir le jour prochainement, mais ces promesses sont jugées insuffisantes par les opposants au projet.

L’attaque de l’hôtel de ville est survenue après que le maire de Celendín ait révélé sur Twitter qu’il soutiendrait le projet Conga.

Le président ne recule pas

Vivement préoccupé par la situation, le gouvernement dénonce l’attitude des leaders du mouvement de protestation, tenus pour responsables de la tragédie.

Le président Ollanta Humala s’est engagé à tout mettre en œuvre pour garantir l’accès à l’eau à la population avant le démarrage de l’exploitation aurifère. Mais il réaffirme aussi son intention de mener à bien ce projet minier, qui se traduira par des investissements colossaux pour la région et pour le pays.

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