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Des Green belts contre la désertification

Irak / / Moyen orient

Après 30 ans de lutte inefficace contre la désertification, l’Irak tente depuis quelques années de se doter de Green belts, ceintures vertes en français, pour stopper les tempêtes de sable et encourager la diversité écologique.

© Tom Graber

27 kilomètres de Green belts

Les 27 kilomètres de la ceinture verte de Kerbala s’étirent dans la province éponyme. Ici, à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad, 62 000 oliviers, 20 500 palmiers, 37 000 eucalyptus et 4 200 tamariniers ont été plantés ces six dernières années, pour leurs racines profondes ou leurs fruits. Des douzaines de puits assurent l’irrigation. Hassan Jabbar,  responsable du projet, assure:

« Si nous ne faisons rien, le désert nous enveloppera ».

Si le projet de Kerbala est le plus ambitieux du pays, il n’est cependant pas le seul, les provinces de Najaf, Anbar, al-Muthanna et Bagdad ont initié leurs propres Green belts.

À Bagdad, c’est le district occidental de Ghazaliya qui a été choisi pour débuter. Autour de la capitale, les arbres sont plantés sur sept rangées, la première faisant office de rempart contre le sable et la poussière, les autres servant d’ornement ou pour la production de fruits. L’irrigation est assurée par une station d’épuration qui filtre et réutilise les eaux usées.

Une situation urgente

De 30 millions de palmiers dans les années 1960, l’Irak est passé à 11 millions en 2006. Le ministère irakien de l’Environnement estime que 39% du territoire est touché par la désertification et 54% est menacé. Chaque année, ce sont 250 km² de terres arables qui disparaissent.

Lutter contre les tempêtes de sable, stopper l’avancée des dunes, encourager la diversité écologique, lutter contre les polluants industriels, les émissions de carbone, les maladies respiratoires, la tâche est aussi vaste qu’urgente pour le pays.

Une désertification aux causes multiples

À une situation climatique difficile s’ajoutent les pluies acides, l’expansion urbaine et la surexploitation des terres de ces dernières années. Mais également des décennies de guerre qui ont endommagé l’environnement, explique Mohammed Ghazi Saeed, à la tête du département de lutte contre la désertification au ministère de l’Agriculture. Des incendies de puits de pétrole aux manœuvres des véhicules militaires sur les espaces verts, en passant par les feux provoqués pour traquer les dissidents, l’eau, l’air et le sol ont été durablement pollués.

Des avis mitigés

L’enthousiasme des Bagdadis, satisfaits de ces nouveaux espaces verts, trouve un écho chez des experts comme Ali al-Saadi, spécialiste des questions environnementales, pour qui « l’effet de ces projets ne se limite pas à la santé et à l’environnement, mais s’étend à l’économie […], puisque ces bandes plantées pourraient devenir des zones touristiques et de loisirs ».

Les autorités se montrent moins enthousiastes. Et pour cause, à l’automne, le ministère de l’Environnement a fait savoir que le projet bagdadi était un échec, en raison « des mauvaises méthodes de plantation et des erreurs dans le choix de la période ». Maire et gouverneur se rejettent mutuellement la faute, une faute à 140 millions d’euros.

Et pendant ce temps, le désert avance.

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