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Montréal en scooter !

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Que manquait-il à Montréal pour être une ville plus européenne ? La venue des vespas et autres deux roues motorisés ! Incursion dans ce nouveau monde des scooters, et questionnement sur comment sont-ils arrivés à conquérir l’Amérique… et à diminuer les coûts de déplacement !

Un scooter dans les rues de Montréal. © mgifford

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la conquête de l’Amérique

De grands immeubles, des avenues immenses qui filent comme des serpents à travers la ville, de grosses cylindrées qui défilent, des limousines, des 4X4 et soudain… un scooter qui se fraye un chemin. Une image très habituelle pour les yeux d’un européen mais tout à fait unique pour l’histoire du transport en Amérique du Nord.

Si quelques personnes pensaient cette révolution encore discrète, il suffit de bien regarder autour de soi : le « deux roues » à l’européenne a bel-et-bien débarqué.

L’Amérique du Nord totalise une superficie de 22 078 049 km2. Il ne semble donc pas étonnant que la voiture ait rapidement été le moyen de transport de prédilection pour se rendre aisément d’un point A à un point B puisque les distances moyennes entre deux villes font le double de l’Europe. D’ailleurs, là-bas, tout le monde passe son permis de conduire à 16 ans pour acquérir sa liberté de déplacements.

Pourtant avec la hausse du prix de l’essence, la raréfaction des ressources énergétiques de la planète, dont le pétrole, et les inquiétudes face à l’environnement, les mœurs se transforment peu à peu et des petits nouveaux, qui, jadis, n’auraient pu être imaginés dans le paysage nord-américain ont fait leur apparition. D’ailleurs, Tom Wesselman, l’un des trois plus grands artistes américains de pop-art, l’avait bien compris. Alors qu’il cherchait à mettre en image son Amérique, il dévoile au cours de son parcours de recherche une toile gigantesque représentant une voiture Volkswagen sur un traditionnel fond bleu champêtre. La voiture est le paysage américain !

Petite histoire autour des deux roues

L’histoire du « deux roues », et notamment du vélo, est étroitement liée aux oscillations de la courbe économique. En temps de crise, les individus cherchent à serrer leur budget, alors que pendant les temps de croissance économique, ils ont tendance à être plus dépensiers.

Dans les années 60-70 par exemple en Amérique du Nord, la voiture était considérée comme un moyen de déplacement relativement cher et nombreux étaient ceux qui se déplaçaient alors à vélo. Dans les années 80-90, il y a eu une diminution de l’utilisation du vélo car les pays vivaient un temps de croissance économique et le choix des particuliers se tournaient vers les voitures, symbole de richesse et de réussite. Depuis les années 2000, il y a un renouveau dans l’expansion et l’utilisation du vélo et autres moyens alternatifs de déplacement.

Les scooters se greffent à cette expansion donnant ainsi aux New-Yorkais, Montréalais et autres résidents nord-américains le loisir de se familiariser avec ce système qui leur permet aussi de découvrir une nouvelle façon de se déplacer en ville. Fabrizio, 36 ans, représentant des ventes pour une entreprise de solutions informatiques de Montréal explique:

« Moins je prends ma voiture et mieux c’est ! En été, je ne la prends presque jamais. Dès que je dois aller quelque part à une distance de 30-40 minutes accessible en scooter, je choisi le scooter. Même pour me rendre chez mes clients ! ».

Il affirme pouvoir utiliser son « deux roues » entre les mois d’avril et d’octobre (soit un total de 6 mois par an). Comme pour les cyclistes, et contrairement à certaines idées reçues, les conditions climatiques n’impactent donc en rien sur leur multiplication.

Engin à la mode ou nouveau mode de vie ?

En 2006, les ventes de scooters aux États-Unis ont augmenté de 65 %. A New York, leur nombre a bondi de plus de 300% depuis le début de la décennie ! A Montréal, la folie Vespa et autres scooters du genre pullulent dans les rues de la capitale économique québécoise.

Mais, ce nouveau signe distinctif, est-il le cri de ralliement pour « jeunes urbains actifs, modernes et conscients de leur impact à l’environnement » ?

Selon Fabrizio, si conduire un scooter est « plus fun » de par la vue à 180 degrés qu’il offre, il est surtout très économique:

« Un plein te coûte 4,50$ et tu ne payes pas le parking. Tu te gares entre deux voitures où tu veux et toujours à l’endroit de ton RDV ».

Sachant que le stationnement à Montréal coûte très cher, la séduction est facile. Angélique, 34 ans, gérante d’une boutique de surgelés à Montréal, confirme ces dires. Au-delà du style, son Vespa est pour elle synonyme de « liberté et d’économie ! ».

Des villes sans voitures ?

Certaines îles dans le monde interdisent l’accès aux voitures dans leur paysage afin d’en préserver leur patrimoine naturel. Les îles des Saintes, par exemple, archipel d’îlots volcaniques des Antilles françaises dans la mer des Caraïbes, autorisent uniquement le transport en scooters ou en bicyclettes. D’ailleurs, il y a de nombreux loueurs de scooters qui proposent leurs services aux touristes dès leur arrivée. Les villes de demain, seront-elles ainsi faites ? Un paysage sans voiture, débarrassé des embouteillages trop polluants des quatre roues motorisés, avec des locations de scooters et vélos aux coins de chaque rue pour agrémenter les déplacements ? Les Bixi et autres Vélib sont les premiers témoins dans ce secteur.

Rêve pour les uns, cauchemar pour les autres, ces changements et initiatives qui en découlent donnent le ton des tendances dans le monde entier. Nous voilà un peu comme dans une Tour de Babel en mouvement.

Christine Lacaze

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